En 2023, les Nations-Unies ont décidé de célébrer  le 29 Octobre de chaque année, la journée internationale pour les soins et l’assistance à autrui. Il s’agit à travers cette célébration de reconnaitre des activités domestiques vitales à l’équilibre de nos sociétés. En attendant que le Mali célèbre cette date, ONU-Femmes Mali, à l’occasion de cette date  a organisé une séminaire de trois jours à l’endroits des productrices et producteurs de contenus médiatiques pour se familiariser avec ces notions et pouvoir sensibiliser autour de la question.

Le temps consacré à prendre soins des autres, notamment des enfants et des personnes âgées, de participer aux activités domestiques  bien que n’étant pas chiffré n’est  pas moins  important  pour l’équilibre de nos sociétés.

« On a vu avec la COVID-19 quand il a fallu rester à la maison et s’occuper de nos proches souvent malades, ce sont des activités de soins non rémunérées, ce sont des activités domestiques qui souvent prennent beaucoup de temps aux membres du ménage et qui peut même bloquer leur participation au marché du travail. En 2019, l’Organisation Internationale du Travail dans son rapport a trouvé que 606 millions de femmes indiquaient comme raison principale de leur non-participation au marché du travail par l’ampleur et le poids du travail domestiques et des soins non rémunérés » a dit le Dr Sadou Doumbou, formateur et économiste à ONU-Femmes Mali.

Reconnaitre ces activités domestiques non rémunérées, les  prendre en compte dans  les politiques publiques peut contribuer à renforcer les soins apportés à autrui et au dynamisme économique du pays.

« On a compris que ce sont des activités qui contribuent beaucoup à l’équilibre de la société et méritent d’être reconnus à leur juste valeur  et de voir des politiques publiques pour soutenir les ménages» soutient le participant, Mamadou Bakayoko.

La session de renforcement de capacité des producteurs et productrices de contenu média sur ce concept de travail domestique non rémunéré a changé le regard des hommes et femmes de médias sur cette thématiques qui mérite plus de place dans leurs productions.

« Grâce à cette formation je cerne mieux les préoccupations des femmes qui sont en grande partie celles qui exercent les activités domestiques non rémunérées. Je compte dans les jours à venir parler de cette notion de travail domestique et soins non rémunérés et comment trouver les voies et moyens pour alléger ce temps et créer plus de temps pour les activités rémunérés » promet la blogueuse, Hawa Ibrahima Daff.

La réduction du poids de ce travail domestiques non rémunéré à travers des politiques et mécanismes peut contribuer à la création de richesses en favorisant la participation de plus de personnes au marché du travail rémunéré.

Au Mali, Si les femmes produisent 23% des revenus du travail rémunéré, elles contribuent à hauteur de 79% de la production du temps de travail domestique.

Mohamed Dagnoko