La production animale a atteint 68% de réalisation lors de la campagne 2024/2025. Un taux jugé satisfaisant même s’il est en deçà des attentes. Plusieurs facteurs ont motivé ce résultat. Le facteur important était l’absence de la subvention des aliments et des intrants, selon Dr. Boubacar Youcoulé Kanouté, directeur national des services vétérinaires.
En effet, selon Dr. Kanouté, en 2024, la production de viande rouge contrôlée a atteint 96 750 tonnes. Celle du poisson de capture et d’aquaculture s’est élevée à 113 218 tonnes. Et plus de 10 000 tonnes de lait ont été collectées. Ce qui fait un taux de réalisation de 68%.
Pour la campagne 2025/2026, la production animale s’élèvent à plus de 203 000 tonnes de viande contrôlée et 15 000 tonnes de lait collecté. Pour atteindre ces objectifs, il faut accompagner les interprofessions à travers le rétablissement de la subvention des aliments et des intrants.
L’autre facteur qui a touché le domaine de l’élevage, de pêche, de production halieutique et aquacole est l’abondance des pluies en 2024. Aux dires de Dr. Kanouté, les innondations ont causées plusieurs pertes. Selon les données du ministère de l’Elevage et de la Pêche il y a 5000 bovins dénombrés comme pertes, 27 000 petits ruminants. Sans oublier les embarcations au niveau de la pêche à peu près 500, et plus de 600 000 alevins au niveau des écloseries. Liste non exhaustive, d’après lui.
Les difficultés rencontrées en 2024
En plus des innondations qui ont occasionné plusieurs pertes, le secteur de l’élevage était confronté à l’absence de subvention des intrants et aliments pour l’élevage. << La production de viande est liée à l’alimentation. Les subventions par rapport aux aliments bétails n’étaient pas au rendez-vous en 2024, malgré les efforts de l’État à travers des distributions gratuites pour soutenir le secteur >>, a expliqué Dr. Boubacar Youcoulé Kanouté, directeur national des services vétérinaires.
A l’en croire, les productions animales sont tirées par le bas par la production de la viande contrôlée qui fait 68%. Sur une prévision de viande contrôlée de 172 000, ils n’ont réalisés que 96 000 tonnes à peu près. Quand aux animaux d’embouche, sur 232 000, ils ont réalisé 195 000 tonnes.
À ses dires, la production de viande est liée aux animaux d’embouche qui doivent approvisionnés le marché. Or, l’aliment bétail subventionné qui devait permettre de booster un peu l’embouche n’était pas au rendez-vous, ce qui a joué sur les réalisations de 2024 en matière de production de viande contrôlée.
<< On parle de viande contrôlée quand il s’agit des viandes issues des aires d’abattages autorisés par l’État. Différents des viandes venant des lieux d’abbatages clandestins >>, a-t-il précisé.
Idem pour les productions aquatiques, aux dires du directeur national des services vétérinaires, à ce niveau également les intrants subventionnés n’étaient pas au rendez-vous. Mais il dira qu’il y a eu des mécanismes pour palier à l’absence de ces intrants subventionnés. Avec des distributions gratuites d’aliments poisson à travers le commissariat à la sécurité alimentaire même si cela ne suffisait pas. À noter que ces distributions n’ont concernées que les coopératives et associations. Les particuliers devraient donc se mettre en association pour bénéficier ces intrants.
La force du secteur repose sur les interprofessions
Pour atteindre les objectifs fixés pour la campagne de 2025, ils comptent sur le rétablissement de la subvention des aliments et des intrants. A en croire Dr. Kanouté, les interprofessions font la force de ce secteur car sans eux, il est impossible d’atteindre les objectifs. C’est pourquoi dit-il, plusieurs interprofessions ont été mises en place au niveau du ministère de l’Elevage et de la Pêche, notamment de la filière bétail.
<< Quand vous organisez les acteurs en interprofession, ça permet d’améliorer leurs compétences, leurs capacités à gérer les activités. Nous avons 4 interprofessions: filières lait, bétail viande, poisson et aviculture. Nous comptons sur le dynamisme de ces interprofessions pour atteindre les objectifs>>, a-t-il indiqué.
Des nouvelles initiatives pour booster la production
Pour le directeur national des services vétérinaires, à leur niveau, il n’y a pas une seule filière à développer. Toutes les filières doivent être développées. Car, d’après lui, elles contribuent toutes à l’atteinte de la sécurité alimentaire. Mieux : à réduire la dépendance de l’importation de poisson surtout.
Ces pourquoi il a révélé que, pour le développement de la pisciculture et de l’ambouche, le département de l’élevage est sur plusieurs fronts. En plus de mieux organiser les interprofessions des filières, il y a une initiative en cours qui est l’assurance agricole.
<< Des réflexions sont en cours pour sa mise en place afin de faciliter l’accès aux crédits pour les acteurs de l’élevage et de la pêche. L’élevage est liée aux maladies et les banquiers ne sont pas trop enclins à mettre l’argent à la disposition de ces acteurs et en mettant cette assurance en place, elle tiendra en compte certains paramètres >>, a-t-il détaillé.
Pour avoir du financement, il conseille aux éleveurs de se constituer en entreprise. Par exemple quand vous avez une ferme agricole dédiée à la production de volaille.
<< Les éleveurs doivent se mettre ensemble en coopérative pour accéder à certaine facilité de financement. Individuellement ça sera difficile. Et sans financement c’est difficile d’atteindre nos objectifs>>, a-t-il conseillé.
Selon lui, autre initiative en cours concerne l’importation des races améliorées du Brésil. Ainsi que la labellisation de la viande made in Mali.
<< Des initiatives sont en cours pour importer très prochainement des semences ou des espèces vivantes d’une race du Brésil qui peut faire 100 litres de lait par jour en trois traites afin d’améliorer la production. Il y a également une initiative qui concerne la labellisation de la viande du Mali. Pour respecter ce label il va falloir mettre les infrastructures d’abattages aux normes d’hygiènes requises. Nous sommes dans la dynamique d’exporter les viandes produites au Mali avec le label Mali Sôgô >>, a-t-il fait savoir.
Par ailleurs, il a informé qu’il y a un service dédié pour booster la production. Il s’agit du centre national d’insémination artificielle. << Sur une prévision de 18 000 vaches à inséminer l’année dernière, ils ont atteint 12 000>>, a-t-il laissé entendre.
Moussa Sékou Diaby





