Les acteurs évoluant dans le secteur de production et de commercialisation des semences agricoles dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont décidé conjointement de créer l’Alliance des producteurs de semences agricoles du Sahel (APSA-Sahel). Cette annonce a été faite par le ministre Burkinabé de l’Agriculture Ismaël Sombié, lors du conseil des ministres du mercredi 2 juillet dernier.

En effet, à travers cette décision, les trois pays entendent renforcer leur souveraineté dans le secteur semencier afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans le Sahel.

<< L’objectif de l’Alliance des producteurs de semences agricoles du Sahel est de créer une véritable dynamique de développement souverain, créateur de richesses nécessaires à l’amélioration durable des conditions de vie des populations », selon le communiqué du Conseil des ministres.

Au Sahel, pour garantir l’autosuffisance alimentaire les défis sont nombreux. En plus des conditions climatiques instables marquées par une mauvaise pluviométrie et l’insécurité qui limite l’accès aux zones de production, la problématique de l’adoption et de la diffusion de semences améliorées, en l’occurrence pour les cultures vivrières, se pose aussi.

En effet, il y a déficit de semences de qualité sur le marché. Et les paysans ne se bousculent pas sur le peu qui existe. Or l’un des facteurs le plus important pour une bonne productivité est l’utilisation des semences de qualité. C’est pourquoi, les différents acteurs du domaine des pays de l’AES veulent unir leurs efforts afin d’accroître la productivité agricole.

D’après l’Association Semencière du Mali (ASSEMA), le taux d’utilisation des semences améliorées pour la culture de céréales au Mali se situe entre 20 et 30%. Un niveau jugé encore insuffisant alors que l’objectif de l’organisation est de parvenir à un taux d’utilisation de 50%.

Selon une source locale, la coopération est déjà en marche dans le domaine. Car, pour cette campagne agricole, le Niger a fourni au Burkina Faso, la semence de haricots.

Pour la réussite de cette initiative, il faut l’engagement des acteurs privés, du soutien technique et financier des États, ainsi que de la capacité des pays membres à harmoniser leurs réglementations afin de faire émerger un véritable marché semencier intégré.

Vivement l’opérationnalisation de l’APSA-Sahel, au grand bonheur des agriculteurs et des consommateurs des pays de l’AES !

Moussa Sékou Diaby