À Baguinéda, les prix des engrais minéraux ont pris l’ascenseur en ce début de campagne agricole. Et l’engrais de fond sollicité par les riziculteurs, le DAP, est introuvable depuis deux semaines. Or, il est utilisé une semaine après le repiquage.

Les activités agricoles ont démarré dans les plaines aménagées de l’office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB) depuis mis juin. Les plus avisés ont déjà commencé de repiquer leurs champs de riz. Cependant, les prix des engrais ont fortement augmenté dans la localité. Le sac de 50kg de l’engrais DAP qui était vendu à 30 000FCFA est cédé à 33 500 FCFA. Ce fertilisant qui est beaucoup sollicité par les paysans, en début de saison, n’est plus disponible au marché. Les regards sont fixés sur les usines de production qui, selon certains fournisseurs, sont à l’origine de cette rupture.

En effet, le DAP n’est pas le seul apport de fond, même s’il reste l’engrais de fond le plus utilisé par les agriculteurs. Il y a aussi le complexe très prisé des  cultures céréalières.

Selon Mama Maïga, jeune fournisseur des engrais et intrants agricoles sis à Baguinéda-Camp, l’année dernière à la même période, le DAP était vendu à 600 FCFA le kilogramme, et le sac de 50kg cédé à 30000FCFA. Le NPK ( le complexe ) était cédé à 500FCFA le kilogramme, et le sac de 50kg à 22 750 FCFA. L’urée qui est un engrais d’appoint était fourni à 450FCFA le kilogramme et le sac de 50 kg était cédé à 20 000 FCFA.

Au début de cette campagne 2025/2026, le DAP a connu une augmentation de 100 FCFA ce qui fait 700 FCFA le kilogramme et le sac de 50 kg introuvable était à 33500 FCFA. Le NPK, le complexe qui n’avait pas franchi la barre de 500 FCFA est à 600 FCFA, le sac de 50 kg à 27 000 FCFA, l’urée qui tournait entre 400 et 450 FCFA est à 500 FCFA et le sac de 50 kg vendu à 23 000F. A l’en croire, la variation de prix se fait depuis l’usine. Et la rareté du DAP est imputable aux sociétés de production.

<< Les paysans pensent que c’est nous qui sommes à l’origine de cette flambée. Non! C’est depuis l’usine >>, a-t-il indiqué.
Ousmane Bolly, un autre vendeur d’engrais et intrants agricoles sis à Kobalacoro ajoute : << l’indisponibilité du DAP est constatée chaque année à la même période. C’est la politique au niveau des usines de production. Elles vont sortir les stocks du NPK au début de l’hivernage et se concentrent beaucoup plus sur la production du NPK, l’engrais complexe utilisé dans les cultures céréalières. Les producteurs céréaliers sont plus nombreux que les riziculteurs. C’est pourquoi le NPK devient la priorité des sociétés de production au détriment du DAP >>.

Les victimes de l’inondation de la campagne précédente ont déjà démarré et vont devoir faire avec. Pour eux, il faut se lever tôt pour au moins espérer ne pas voir son champ immergé. C’est leur préoccupation majeure.
<< J’ai fini de repiquer il y a 3 jours et je vais utiliser le NPK. Je n’ai pas le choix. D’habitude j’achète mon DAP avant que le stock n’épuise. Mais cette année il y a eu beaucoup de dépenses. Nous qui sommes vers le fleuve Niger, nous sommes obligés de démarrer très tôt la saison pour se mettre à l’abri en cas d’inondations>>, a expliqué Boulkassim Mariko, paysan  à Baguinéda village.

Avant d’interpeller les responsables des usines de production : << Nous sollicitons les responsables des unités de production de penser à nous aussi qui cultivons le riz. C’est très difficile d’avoir beaucoup de rendement sans l’utilisation des fertilisants et chaque année les prix grimpent. Nous souffrons beaucoup et c’est nous qui sommes pointés du doigt si le prix des denrées alimentaires augmentent >>.
Moussa Sékou Diaby