Annoncé le 26 août dernier par le gouvernement, la suspension des salaires de 36 151 agents de la fonction publique non enrôlés dans le Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines (SIGRH) est entrée en vigueur ce 1er septembre. Y compris les cas des doublons constatés sur les 122 166 agents enrôlés.

Cette mesure est provisoire et les agents non recensés et les cas de doublons ont trois mois pour se faire enrôler et se conformer à la règle. Passez ce délai, la mesure sera définitive. À la fin de la période de grâce, si ces agents ne se présentent toujours pas, alors leurs salaires seront définitivement arrêtés, selon le gouvernement.

Donc, selon le gouvernement, le délai de trois mois c’est pour des éventuelles cas d’omissions ou d’erreurs, sinon les salaires sont déjà suspendus. Maintenant si des fonctionnaires sont omis , ils peuvent fournir les preuves pour être dans leurs droits et cela se fait au niveau des directions de ressources humaines (DRH).

Aux dires du gouvernement malien, sur un effectif total de 158 317 agents de l’État et de la fonction publique des collectivités recensés, 122 166 agents ont fait l’objet d’enrôlement biométrique et 36 151 agents publics ne sont pas présentés à l’enrôlement. Des cas de doublons ont été également constatés sur les 122 166 agents enregistrés.

Oui, ils sont 36 151 agents non identifiés où soit des “agents fictifs”à vivre au crochet de l’État sans travailler. D’après le gouvernement, ce chiffre représente 4,57% de la masse salariale, soit environ 48,28 milliards de FCFA par an.

En effet, le constat a été établi après la remise d’un rapport relatif au Projet du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines des Fonctions Publiques de l’État et des Collectivités Territoriales (SIGRH), au président de la Transition, Général d’Armée Assimi Goïta à la mi-août.

L’information a fait un tollé sur les réseaux sociaux. Des agents qui ont peur de se retrouver dans ce lot par erreur, après récemment.

<< Personnellement je connais un camarade qui a démissionné de l’enseignement pour la gendarmerie, il a fait une demande de démission et déposer là où il doit, même demain on avance ensemble, et le plus grave est que, le moment où il démissionnait nous étions sur billetage et aujourd’hui son salaire est viré dans une banque de la place, mais c’est pas lui en personne qui a ouvert ce compte >>, a confié un internaute.

<< On a fait la première étape qui était la collecte des dossiers, suivie de l’enrôlement qui était la deuxième étape. Malheureusement, je constate que l’étape de contentieux a été sautée avec cette décision de suspension de salaires, dès le mois de septembre, sans pour autant indiquer aux concernés là où ils doivent se faire enrôler. Cette troisième étape allait nous permettre d’aller au fond de ce processus afin d’éviter toute incompréhension>>, a déploré Mamadou Daba Diawara, enseignant.

<< Ils ne sont tous pas des “fonctionnaires fictifs”. La plus part des agents ont des problème de NINA>>, a commenté un autre internaute.

Possible cas d’omissions ?

<<  À mon humble avis le gouvernement devrait publier la liste provisoire des fonctionnaires enrôlés pour vérification. On peut être enrôlé et omis dans la base de donnée. Une fois que la liste provisoire est là, cela peut situer tout un chacun pour disposition à prendre>>, s’en est inquièté un autre internaute, du corps de l’enseignement.

<< SIGRH, ceux qui ont réduit leurs âges pour faire le concours, sont confrontés à de sérieux problèmes aujourd’hui car l’âge qu’ils ont sur leurs cartes NINA est différent de celui qui est sur leurs arrêtés d’intégration qui sont deux pièces maîtresses pour l’enrôlement. En plus de ça, il y’a des agents qui n’ont pas pu le faire pour des raisons d’insécurité. Quel sera le sort de ces agents ? >>, s’interroge Mamadou Diallo, un internaute.

Visiblement des mesures avaient été prises afin que ceux-là qui sont dans les zones d’insécurité puissent s’enrôler, selon les détails fournis par le gouvernement.

La mise au point du gouvernement 

<< Les autorités de la transition avaient d’abord donné un délai de grâce de trois mois aux agents considérés comme absents , pour qu’ils se présentent aux enquêteurs. L’État paie des salaires à plus de 158 000 agents, toutes les catégories confondues. Il y a eu un contrôle physique et biométrique qui a été effectué et a permis de relever que seulement 122 166 agents se sont faits identifier. Il y a 36 151 agents non identifiés qui ne se sont pas présentés l’État payait plus de 48 milliards de francs CFA pour assurer les salaires des agents inconnus. Lorsque le président de la transition a reçu ledit rapport, l’une des recommandations formulées visait à donner un délai de grâce de trois mois, pour permettre aux agents non enrôlés de se présenter >>, a rappelé Bakary Traoré, ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions.

Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Dr Fassoum Coulibaly a informé que lesdits agents pourront se présenter dans les différentes directions des ressources humaines en vue de clarifier leur situation. Et que c’est à l’issue des trois mois de grâce que les salaires des présents agents seront définitivement suspendus  a informé Dr Fassoum Coulibaly, ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social.

<< Il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, mais il s’agit de prendre le taureau par les cornes pour que cette situation d’effectifs fictifs puisse disparaitre de notre fonction publique, que ça soit la fonction publique l’État ou la fonction publique des Collectivités >>, a-t-il précisé.

Moussa Sékou Diaby