Depuis deux jours, la sempiternelle question de négocier avec les terroristes fait son retour à grand renfort. Pour les premiers à soulever la question, il faut, au regard de la situation actuelle du pays avec la recrudescence des attaques terroristes notamment sur les grands axes routiers, reprendre langue avec ces derniers. Aussi, la mort de l’ex député de Ségou, Abdoul Jalil Mansour Haïdara sur la route de Ségou suite à une attaque terroriste a servi d’argument.

Pour ceux qui clament  qu’il faut un dialogue ou encore une négociation avec les terroristes, mettant en avant les vertu d’une telle démarche et rappelant au passage que le Mali est un pays de dialogue semblent oublier qui nous avons en face.

Il s’agit des terroristes. Des terroristes aujourd’hui qui n’ont aucune revendications claires si ce n’est de rendre ce pays ingouvernable en semant le chaos. Sinon comment comprendre les nombreuses attaques visant de paisibles citoyens sur la route des foires hebdomadaires, le bateau Tombouctou, les chauffeurs de citernes, les passagers des cars ?

Admettons que l’État veuille dialoguer ou encore négocier, il s’agira de leur demander de laisser les citernes ravitailler le pays, de ne plus tuer les citoyens et de ne plus attaquer les positions de nos militaires. S’ils venaient par miracle à accepter ces demandes qui sont celles que tout malien souhaite aujourd’hui, en retour, que sommes-nous prêts à leur céder ?

Alors oui, il est bien facile de dire que le dialogue ou la négociation ne sont même pas un sujet à l’ordre du jour car des villages entiers ont déjà ou sont en train de négocier avec les terroristes pour sauver leur peau. Si déjà cette situation est une humiliation imaginons là un seul instant au niveau État.

Que nous soyons soumis à comme cela s’est déjà vu, démilitariser des parties du pays pour permettre au narco trafic de prospérer, être à la merci des désidératas de ces gens sans foi ni loi, voilà ce à quoi l’on veut soumettre le Mali en exhibant le dialogue et ses vertus.

L’on feint d’oublier que depuis trois ans, les dialogues inter-maliens organisés ont eu pour seuls objectifs de rassembler les maliens autour d’un idéal commun : celui d’associer toutes les composantes du pays à la recherche de solutions pour venir à bout de cette crise.

Alors, à partir de quel moment l’on pense que ces dialogues qui ont été organisés au niveau communes, cercles, régions pour finir à Bamako n’ont pas été inclusifs ? Peut-on obliger celui qui ne veut pas à venir autour de la table ?

Négocier avec les terroristes, on peut bien l’entendre à condition que la réponse à qu’est-ce que nous sommes prêts à leur céder suivent cette proposition.

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