Umaru Emballo a surpris son monde. Lui qui, il y a deux jours annonçait qu’il avait, selon les chiffres en sa disposition,  gagné les élections avec 65% vient d’annoncer être victime d’un coup d’État.

Au téléphone avec des journalistes, il a lui même confirmé son arrestation en même temps que son chef d’état major général des armées et son adjoint et son ministre de l’intérieur par le chef d’état major de l’armée de terre.  Il va jusqu’à leur dire que s’il s’attarde au téléphone, les auteurs du coup d’état pourraient l’en sevrer.

Autant dire que, dans l’histoire des coups d’état, incalculables sur le continent, Emballo vient d’innover: garder son téléphone et annoncer au monde entier sa destitution bien avant le traditionnel passage des putschistes devant les écrans de la télévision nationale pour livrer leur message.

Si pour un journaliste, avoir la primeur de discuter avec un président déchu relève d’une prouesse et de la richesse d’un carnet, ceux qui ont pu avoir Emballo au téléphone étaient gênés aux entournures en expliquant sur les plateaux ce qu’ils se sont dit avec lui.

Pour les nombreux observateurs politiques et simples citoyens, il s’agit d’un mauvais scénario.

Le cas Oligui

Ce qui se passe à Bissau est assimilé par de nombreux observateurs au cas gabonais. Se passer des résultats d’une élection et s’emparer du pouvoir au nom d’une mission de préservation de la quiétude.

Dans le cas gabonais comme dans celui de la Guinée Bissau, les présidents sortants, en ballottage défavorable, sont soupçonnés d’être les maîtres du jeu.

L’arrestation du challenger de Emballo par les militaires vient soutenir cet argument.

Celui qui avait dissout l’assemblée nationale à la suite selon lui d’une tentative de coup d’état, qui avait chassé les émissaires de la CEDEAO, qui a pris tout son temps pour organiser une élection qu’il allait perdre, qui avait promis de ne pas se présenter à la présidentielle sur conseil de sa femme avant de raviser n’a pas encore fini de nous surprendre.

Mohamed Dagnoko

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