Aux premières heures des bombardements qui ont visé Dubaï le 29 février dernier, tout de suite, les pensées se sont tournées, non pas vers les monarchies et leurs puits de pétroles mais plutôt vers les nombreux influenceurs qui ont fini de faire de ce pays leur Eldorado.
Pour ces personnes qui ont tout de suite pensé à ces influenceurs, il ne s’agissait pas de plaindre leur sort mais plutôt s’en réjouir. Car il faut le dire, ces influenceurs et influenceuses par les images de leur train de vie dispendieux qu’ils jettent à la figure de leurs millions de followers à longueur de journées, il n’y en pas mal qui souhaitent (en douce) les voir couler.
C’était pour beaucoup l’occasion de se dévoiler lors de cette crise. Et ce qui a encore plus donner de la matière aux « haters » des influenceurs c’est le fait que ces derniers, dans de lives interminables, pleurnichaient en demandant à leurs pays de venir les chercher car étant en danger. Ce à quoi répondaient leurs détracteurs de la France « vous nous avez toujours dit que vous préférez mille fois Dubaï à la France », « Vous vous êtes toujours moqués de nous car pour vous avec les impôts que nous payons, nous travaillons pour le gouvernement », « les impôts que vous avez fui pour aller à Dubaï, c’est justement à ça que servent ces impôts, soutenir les français dans les difficultés ». Voici entre autres commentaires que l’on pouvait lire sous les lives des influenceuses aux lèvres pulpeuses, aux nez aquilin et aux mentons taillés sur mesure.
Se résoudre au Business
Puisque les bombardements ne cessent pas depuis bientôt deux semaines, qu’aucun avion ne sera affrété par Macron pour aller chercher les influenceurs aux accents Marseillais et autres, que beaucoup ne peuvent se permettre les 20 mille Euros proposés par certaines compagnies pour les faire sortit de Dubaï, que les factures devront être payées, les influenceuses se sont rendues à l’évidence : Faire de cette guerre, un business.
Jamais en manque d’idées, désormais les pleurs ont cédé la place à des lives qui racontent dans les détails le quotidien de ces influenceurs et influenceuses coincés entre quatre murs. Pour les plus téméraires qui osent mettre le nez dehors et capter quelques images de la ville, le nombre de followers explose. Que ce soit dans la maison en train de partager avec sa communauté son quotidien entre salle de bain, salon, cuisine et le lit où au dehors à filmer, à pas cadencés des ruelles, les influenceuses et influenceurs placent leurs fameux codes promos.
C’est Sabatiao Salgado qui avait raison quand il disait « les hommes se font à tout, y compris le pire ».
Mohamed DAGNOKO





