Depuis plus de 10 jours, le conflit au Moyen-Orient retient l’attention du monde entier. Non pas seulement à cause de l’intensité des combats et des forces en présence mais surtout à cause des conséquences que peut avoir cet conflit sur l’économie mondial. Dans cette zone sensible où est produits une grande partie du gaz et du pétrole nécessaire au fonctionnement de l’économie mondial, chaque pays retient son souffle, le Mali et ses pays limitrophes n’en font pas exception.
Dans les rues de la capitale malienne, Bamako, des files d’attente sont perceptibles devant plusieurs stations. Ces véhicules, des transports en commun en majorité attendent d’être servis en gasoil. Une denrée qui se fait rare depuis bientôt une semaine. Une situation qui coïncide avec le conflit au Moyen-Orient dont les conséquences sur l’approvisionnent mondial en hydrocarbures reviennent incessamment dans les débats.
« Notre premier poste d’importation sont les hydrocarbures et leurs dérivés et une bonne partie vient de chez deux de nos voisins qui ont des raffineries. Je pense que la pénurie actuelle de gasoil est conjoncturelle mais ces raffineries chez nos voisins s’approvisionnent aussi à travers le Moyen-Orient , je pense que cela peut impacter aussi la production au niveau de ces raffineries et leurs exportations. Cela peut être une explication même si je ne peux pas vous dire exactement pourquoi il y a un manque de gasoil au Mali »
En attendant de savoir à quoi est réellement dû cette crise du gasoil au Mali, plusieurs secteurs dont celui stratégique de l’exploitation des ressources minières peuvent en faire les frais au sein des pays de l’Alliance des États du Sahel.
« Le secteur minier de l’espace AES ne s’en sortira pas indemne de cette crise parce que toute la production se fait avec du carburant. Il revient à nos États d’être prévoyant et de pouvoir anticiper ces situations » explique Daouda Bakary Koné, Directeur de publication du journal l’économiste.
Au-delà des conséquences financières, ce conflit qui dure depuis plus de 10 jours met à mal les institutions mondiales en charge de veiller sur la stabilité et la paix et aussi fait passer au bas des préoccupations mondiales la question du terrorisme dans le Sahel.
« Avec ce qui se passe au Moyen-Orient le terrorisme chez nous au Mali et au Sahel n’intéresse plus le monde. Toute l’attention est focalisée sur le conflit au Moyen-Orient. C’est une catastrophe de plus avec l’incapacité de l’ONU et la violation des principes fondamentaux, le droit international et les conventions » estime Dr Ahmadou Touré, directeur du centre de recherche en médiation et sécurité au sahel.
Riche des 2/3 des terres arables non cultivés au monde et important 1/3 de sa consommation et la quasi-totalité de son énergie, l’Afrique doit changer de paradigmes pour mieux amortir ces chocs.
« Nous avons 2/3 des terres arables au monde non cultivés et nous importons 1/3 de ce que nous consommons. Ça veut dire que nous dépendons des autres continents, cela est inadmissible. Si nous continuons à faire cela, à ne pas pouvoir nous nourrir et à importer notre énergie nous allons continuer à souffrir des situations comme ce conflit.
Il va vouloir pour l’Afrique changer de paradigme et aller vers une plus grande transformation structurelle et une plus grande production nationale que nous allons diversifier » croit Modibo Mao Makalou.
Les conséquences sur le monde et l’Afrique de cette guerre seront proportionnelles à l’intensité et la durée de ce conflit au Moyen-Orient estiment de nombreux spécialistes.
Mohamed DAGNOKO





