Les anciens élèves de l’École Normale William Ponty, héritiers d’une tradition prestigieuse de formation, se sont retrouvés le samedi 11 avril 2026 à Toubab Dialaw. Parmi les recommandations et suggestions issues de cette journée de réflexion, figure la réhabilitation du site qui a abrité l’École normale William Ponty, une institution qui a formé et façonné plusieurs dirigeants, intellectuels et leaders africains.

Dans un communiqué de presse relatif au rapport de synthèse des travaux de la journée d’étude et de réflexion tenue le week-end dernier à Toubab Dialaw, l’amicale des anciens normaliens de l’École normale William Ponty a exprimé avec force son attachement au site historique de Sébikhotane, un établissement qui a longtemps façonné des générations d’enseignants, de cadres et de leaders africains.

Le communiqué souligne la forte mobilisation des anciens de William Ponty et leur volonté ferme de préserver et réhabiliter un lieu chargé d’histoire, symbole de mémoire, de savoir et d’unité. « Pour les Pontins, Sébiponty (nom que les populations locales ont donné au site) n’est pas seulement un espace géographique ; c’est un patrimoine moral et culturel, un repère identitaire : il mérite d’être sauvegardé et transmis », précise le texte.

Le document indique qu’au cours de leurs échanges dans le cadre d’une assemblée générale, les anciens ont déploré la lenteur, voire l’indifférence des autorités compétentes face à la dégradation progressive du site, aujourd’hui à l’abandon et envahi par un univers carcéral, avec une prison ouverte en 2019 et l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) fonctionnelle deux ans avant, en 2017, et risquant d’être dévoré par des agglomérations spontanées. Ainsi, pour les anciens pensionnaires de l’École normale William Ponty, on assiste là à l’opposé de ce qu’enseigne la sage maxime vieille de 200 ans : « en ouvrant une école, on ferme une prison ».

C’est pourquoi les anciens de William Ponty rappellent que la préservation de ce lieu emblématique relève non seulement d’un devoir de mémoire, mais aussi d’un engagement envers les générations futures, qui doivent pouvoir accéder à ce pan essentiel de l’histoire éducative de l’Afrique de l’Ouest.

Pour le professeur Modou Ndiaye, de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, la réhabilitation du site de Sébikhotane demeure le projet prioritaire de l’amicale des anciens de Ponty, dont il est le président. Selon lui, « ce projet vise à transformer le site, classé patrimoine historique par l’UNESCO depuis 2007, en un pôle culturel et éducatif de premier plan, par devoir de mémoire pour tous les cadres et les grandes figures d’Afrique et du Sénégal qui y ont été formés, mais aussi par utilité pour notre pays sur le plan éducatif comme touristique ».

Le professeur Ndiaye souligne que leur ambition est d’y ériger « un complexe moderne abritant un musée de l’éducation, un centre d’excellence pour la formation aux métiers de l’enseignement et aux métiers émergents, ainsi qu’un institut du panafricanisme. L’École William Ponty étant, par son histoire, le lieu le plus indiqué pour accueillir un tel institut », dit-il.

À en croire le professeur Mamadou Ndiaye, cité par le communiqué, le président Abdoulaye Wade, un ancien de Ponty, avait entamé la construction de l’université du futur africain sur le site, en réponse à cette doléance de leur amicale. Cependant, les travaux, assez avancés, n’ont jamais pu être finalisés par son successeur Macky Sall. Au contraire, les bâtiments, dont la construction était presque terminée, ont tout simplement été démolis.

Le communiqué renseigne que les anciens de Ponty réaffirment leur détermination à agir, à sensibiliser et à plaider pour que des mesures concrètes soient prises dans les meilleurs délais. Ils appellent les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les partenaires institutionnels et l’ensemble des citoyens à se joindre à cet effort de sauvegarde.

Pour eux, la réhabilitation de Sébiponty n’est pas une revendication corporatiste, mais un acte de responsabilité collective envers un patrimoine commun.

Le Soleil