L’Alliance des États du Sahel (AES) n’était pas de la partie à Nairobi pour le sommet « Africa Forward » où, 32 chefs d’États et des centaines d’entrepreneurs ont reçu le président français, Emmanuel Macron et sa demi-douzaine de ministres.

Bien qu’absents, les pays de  l’AES étaient dans tous les débats, toutes les conférences, toutes les manifestations, toutes les interviews, à croire que sans eux ce sommet n’aurait pas de sens. C’est peu de dire que ce trop grand intérêt pour des pays qui ont décidé de boycotter un tel sommet n’était pas pour plaire à ceux qui ont fait le déplacement et surtout à la délégation française conduite par Emmanuel Macron.

Le ton est donné lors de la conférence de presse de Emmanuel Macron. Tout de suite il est interpellé sur les relations de son pays avec l’AES. Agité et visiblement agacé, ne pouvant se soustraire à la question, il ira de sa litanie coutumière en accusant les  présidents de ces trois pays d’avoir « chassé » l’armée française. Ce qui serait selon lui un mauvais choix avec des conséquences que vivent  les populations de ces pays. S’il fait allusions aux nombreuses attaques terroristes notamment celle du 25 Avril au Mali qui a coûté la vie au ministre de la Défense, le Général Sadio Camara, a aucun moment il ne condamnera ces attaques terroristes.

Pour se convaincre que l’armée française chassée des pays de l’AES était un mauvais choix, il dira que cette armée aide aujourd’hui de nombreux pays dont le Bénin à lutter efficacement contre le terrorisme. Raté. Ce pays et depuis peu, surtout sa partie Nord, attaqué par des terroristes. La dernière attaque remontant au 5 mai. Cette attaque menée par le JNIM, le même qui opère au Mali, a visé un camp militaire dans la village de Kofouno et a fait 15 militaires morts.

Trouver refuge dans un pays anglophone

En guerre ouverte avec les pays de l’AES, la présence française dans ce qui jadis était considéré comme son pré-carré est désormais fortement contestée. La fin de la présence militaire française au Sénégal le 17 juillet 2025 après 60 ans sur demande des nouvelles autorités, la rétrocession de sa base militaire de Port-Bouët en février 2025, les violences qui visent les entreprises  françaises à chaque manifestation (Auchan, Total etc), la débaptisation des avenues aux noms de colons sont autant de signes d’un rejet manifeste de la politique française par les populations du pré-carré.

Dans ces conditions, fuir ces pays pour éviter un sommet chaotique et humiliant et se diriger vers un pays anglophone pour s’assurer une relative accalmie était le meilleur choix. Et même là, quelques centaines de personnes ont organisé un contre-sommet pour disent-ils protester contre « l’impérialisme français ».  Qu’on voudrait leur donner tort que l’attitude paternaliste de Macron, prenant le micro pour demander à ceux qui veulent parler pendant les échanges de sortir de la salle nous en empêcherait.

Après  des parties  de course, de cuisine, de football avec des célébrités et des chefs d’État, le président français est encore acculé dans les rues par des journalistes sur la sempiternelle question de l’absence des pays de l’AES et des rapports avec son pays.

Las et ayant eu certainement vent des commentaires acerbes qui ont accompagné sa première sortie, Macron, très bon au théâtre, s’est montré cette fois-ci quelque peu conciliant allant jusqu’à évoquer un possible retour de la France dans ces pays pour « construire dans le respect ». Sauf que ça ne trompe personne.

Car s’il est vrai que la France sous Macron souhaite revenir dans les pays de l’AES ce sera après   le départ des dirigeants actuels. Sinon comment expliquer que la France, selon des journalistes de RTL aident en « sous-main » des mercenaires ukrainiens qui eux travaillent avec le Front libération de l’Azawad qui à son tour pactisent avec les terroristes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans pour attaquer et tués les civils et les militaires maliens ?

De ce sommet, les séquences les plus relayées et les commentées et qui ont été l’objet de toutes les attentions ont été celles ayant trait à la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) suivies de la séquence de remontrance (hey, hey..)  de Macron à une assistance qu’il a pris de haut car ne se serait jamais permis de se comporter de la sorte face à un public américain, israélien  ou encore iranien.

Mohamed DAGNOKO