En prélude au 66 anniversaire de l’indépendance du Mali qui sera célébré le 22 Septembre prochain, le palais présidentiel a ouvert les portes de la place qui symbolise le combats des fils et filles du Mali pour sa souveraineté.
Précédemment appelé le jardin du gouverneur, cette place porte depuis bientôt une année le nom de « Mali Cebaw » ou grands hommes du Mali. Ici, ce sont désormais des stèles des différents présidents du Mali, à commencer par celle du père de l’indépendance, Modibo Keïta et de hauts gradés de l’armée qui ont remplacé celles des colonisateurs.
Située au cœur du palais présidentiel, cette place a été ouverte au public à l’occasion de l’enregistrement de l’émission « Gwèlèkan » de l’Office de Radiotélévision du Mali (ORTM). Une émission qui justement parlait de cette place et de sa symbolique.
Tout de blanc vêtu, l’épaule légèrement affaissé sous le poids des médailles qui pendent fièrement à sa poitrine, témoignages éloquents de sa bravoure et de sa vaillance dans les rangs des forces armées, le Colonel à la retraite, Issa Kaloga se prête à nos questions avant de s’installer sur le plateau de l’émission. Voilà ce qu’il pense de cette initiative des autorités :« Les stèles qui étaient là symbolisaient la colonisation. Les autorités de la transition ont estimé juste de les remplacer par des fils et filles qui ont travaillé pour l’indépendance de ce pays ».
Il propose même qu’une réplique de cette place se fasse, cette fois-ci hors du palais présidentiel, pour que les citoyens et les visiteurs du Mali puissent être encore plus imprégnés des figures majeures de l’histoire du pays.
Dans ce jardin verdoyant, l’on part de la première stèle, celle du Général Soumaré, père fondateur de l’armée malienne, pour passer devant celle de Modibo Keïta, premier président du Mali indépendant pour terminer devant celle du Général d’Armée, Assimi Goïta, président de la transition et figure de la lutte pour la souveraineté du peuple malien.
Entre ces trois, l’on parcours, scrute et prend connaissance de certaines personnalités qui ont façonné, chacun à sa manière ce qu’est devenu le Mali aujourd’hui.
Journaliste émérite et surtout écrivain prolixe sur la vie et l’œuvre de Modibo Keïta, Daouda Tékété, malgré le cathéter qui débordait légèrement de la manche de sa tenue traditionnelle (celle choisie par le gouvernement pour cette année 2026) a tenu à faire le déplacement pour témoigner dans cette émission.
« En rebaptisant cette place, c’est tout simplement rétablir l’histoire dans sa véritable dimension. Notre histoire n’a pas été que l’avènement des colons ou des hommes qui ont servi l’administration coloniale ou même les faits militaires coloniaux dans notre pays, mais notre histoire a été aussi marqué par des hommes qui ont toujours fait montre de la volonté que les dignes fils de ce pays peuvent prendre en charge leur destin » a dit Daouda Tékété.
Cette visite ouverte au public à quelques jours de la fête de l’indépendance témoigne de la volonté des autorités de valoriser les efforts de ceux qui ont lutté pour que le Mali célèbre aujourd’hui son indépendance et sa souveraineté.
Mohamed Dagnoko





