S’informer aujourd’hui au Mali n’est pas chose facile. Si beaucoup se félicitent de la fin du monopole de l’information par les médias classiques, il faut noter que la démocratisation de cette information a apporté son lot de Fake News. Le combat que chacun mène désormais ce n’est pas avoir l’information, mais comment avoir la bonne information surtout dans un contexte de crise. Beaucoup sont parvenus à développer des réflexes qui leur permettent aujourd’hui en plus des outils de tirer leur épingle du jeu.

Baco Djicoroni Golf. Il est 10 heures passées de quelques 30 minutes. Le temps est clément, conséquence de la forte pluie qui a arrosé une bonne partie de la capitale la nuit précédente. Dans les locaux des organes de presse Kalanko et Infhonnete.com, des jeunes hommes et femmes, qui ont réussi à se retirer de leurs lits très tôt sont rassemblés autour du formateur du jour.

Une seule volonté a eu raison de leur sommeil, c’est celle de comprendre les mécanismes par lesquelles l’on peut éviter de tomber dans le piège des fausses informations. De profils différents, ils espèrent ne plus être trompés et aspirent à devenir des relais fiables auprès de leur communauté. Car comme le dit Mah Bomba, une participante « on ne sait plus où donner de la tête, qui croire, que croire, tant nous sommes envahi par toutes sortes d’informations et donner par souvent des gens qui n’ont pas vocation à le faire » regrette-t-elle.

Si elle ne sait pas encore où donner de la tête et espère avoir une réponse avec cette formation, sa confiance, elle l’avait déjà placé à certains acteurs des médias sociaux et de journaux qui lui servaient de sources en plus des communiqués officiels.

De la recherche inversée à l’utilisation de certains outils de vérifications de textes, des sites et de vidéos, toute la matinée, c’est un marathon de découvertes pour ces apprenants.

Le choix de se apprenant d’investir dans cette formation organisée par les deux médias, s’explique surtout pas la confiance qu’ils ont en ces médias qu’ils disent suivre depuis un bon moment. « Tout ce qui concerne les questions de l’éducation, c’est via Kalanko que je m’informe ce, depuis longtemps. C’est pourquoi quand j’ai vu qu’il était partenaire dans l’organisation d’une formation je n’ai pas hésité une seule seconde » affirme un participant.

Journaliste de Formation, aujourd’hui Fatoumata Doumbia  fait plus dans la création de contenus. Après avoir été victimes des fausses informations, s’est formée et aujourd’hui forme à son tour d’autres jeunes à comment avoir des informations fiables.

« Je ne fais plus de courses à l’information. Par le passé nous avons eu à partager des informations qui se sont avérées fausses et depuis, je rends plus de temps pour vérifier une information avant d’y croire et même de partager. C’est ce que j’essaie de partager avec les participants et aussi leur montrer l’utilisation de certains outils qui permettent de vérifier des informations » dit-elle.

Malgré les formations et les réflexes, pour de nombreux citoyens, une régulations adéquates surtout des réseaux sociaux peut être une solution pour préserver les populations notamment les moins averties.

Mohamed Dagnoko