À Bamako, en ce début de mois de Ramadan, la denrée la plus recherchée est l’électricité. Pour une fois, le souci premier des maliens en ce mois n’est pas le prix du riz, du mil, de l’huile et les autres produits dits de premières nécessités. Ce manque de courant impact négativement les activités.

À Baco djicoroni golf, la seconde tâche de Issouf Bouaré après l’ouverture de son alimentation est de vérifier l’état de son groupe électrogène. « C’est très important de savoir si le groupe va bien. Car s’il ne va pas bien on peut avoir beaucoup de pertes » dit-il.

Ainsi, pour éviter les pertes, la boutique étant pleine de produits périssables, Issouf débourse une forte somme chaque jour pour compenser le mande de courant

« En moyenne nous mettons par jour 10 mille à 15 mille fcfa de carburant dans notre groupe électrogène. En plus de ça nous devons payer les employés sans compter que les factures d’électricité sont toujours élevées ».

Malgré les promesses d’amélioration de la fourniture d’électricité en ce mois de Ramadan faite par les responsables d’Énergie du Mali, les ménages continuent de compter sur les doigts d’une main les heures de courant dont ils bénéficient en une journée.

« Il y a seulement deux jours, un ami m’a dit que dans leur quartier en commune II, ils ont eu moins de 6 heures de courant en 24 heures ce qui n’est pas normale surtout que les responsables de EDM ont promis de donner minimum 12 heures de courant par jour» témoigne le journaliste Badou Koba.

S’il salue les initiatives prises par les autorités de faire la lumière sur les malversations qui ont conduit à cette situation, il pense cependant qu’il faut mieux faire pour soulager les populations qui n’en peuvent plus.

Si la question du combustible et de l’augmentation du nombre d’abonnés sont avancés comme arguments par l’entreprise pour expliquer cette situation, des professionnels du secteur ont une tout autre explication.

Exerçant à Kalaban coura, Garaba Diallo, président de l’association des professionnels de l’électricité croule sous les sollicitations. Il passe plus de temps à dépanner et à trouver des alternatives à EDM chez ses nombreux clients.

« La réalité est que les années 2022 et 2023 ont été très difficiles pour le Mali sur le plan énergétique et ça été aussi des années de grands travaux pour EDM. Ces deux années, il y a eu des travaux d’extensions et d’interconnexions sachant que la réhabilitation d’un réseau est plus compliquée que la nouvelle installation. C’est ce qui explique en grande partie les coupures » affirme Garaba Diallo.

En attendant la pleine fourniture du courant, la glace de 50 Fcfa est vendue à 500 Fcfa par endroit dans la capitale malienne.

Mohamed DAGNOKO