Les 7 mille 721 électeurs sénégalais établis à Bamako étaient appelés à accomplir leur devoir citoyen au sein de l’école publique Nelson Mandela de l’hippodrome ce dimanche 24 Mars.
C’est dans une atmosphère bon enfant que les partisans de chaque candidat se côtoient.
Il est 14 heures passé, Sérigne Saliou, vêtu de son maillot des lions de la Téranga glisse son bulletin dans l’urne. À la sortie de la salle, quand on lui demande pour qui il a voté, il offre un large sourire avant de poursuivre « le vote est secret ».
Si à cette heure de la journée c’est n’est pas le grand rush, le responsable du centre de vote, Cheickou Sylla argue le mois de Ramadan et la canicule.
Avant de quitter le centre de vote pour retrouver son atelier de couture, Sérigne Saliou a le temps d’appeler ses compatriotes à « venir voter pour le Sénégal ».
Au four et au moulin, Cheick Ibra Fall, en bon baye Fall, fait le lien avec tous les bords. Partisans du candidat Amadou Ba, il est difficile de lui faire dire cela car pour lui, il s’agit avant tout du Sénégal et non d’un individu. Le temps de la campagne étant derrière, il souhaite que le 5ème président du Sénégal soit celui qui sera « plébiscité par le peuple ». Il ne peut en être autrement pour celui qui préside l’association des cadres et chefs d’entreprises sénégalais au Mali.
Si sa posture d’homme d’affaires et d’hommes public le condamne certainement à être plus conciliateur, d’autres, notamment les femmes soutiens de candidats n’ont pas cette contrainte et laissent entende qui est ce qu’elles veulent pour présider aux destinées du pays de la téranga.
« Je ne connais pas Amadou Ba mais je le soutien car c’est le candidat de Macky Sall et moi je suis toujours avec MackySall. J’espère qu’il va gagner » dit Rokhaya Bèye, chapelet en main, comme une prière qu’elle souhaite vivement voir se réaliser.
Non loin d’elle, des lunettes de soleil recouvtant la moitié du visage, Dieng Badji Sissoko admire encore le bout rougi son auriculaire qu’elle vient de tremper dans l’ancre indélébile. « J’ai voté pour Aly Ngouille Ndiaye. C’est une chance pour le Sénégal. Il a de l’expérience et je souhaite que mon vote va contribuer à son succès » dit-elle toute fière d’avoir accompli son devoir citoyen.
La vingtaine révolue, Mariam Ba a parcouru un si long chemin pour se rendre à l’école Nelson Mandela. Elle tient à son interview. Elle l’aura. « Pour un Sénégal en paix et réconcilié, il faut que Diomaye Faye soit le président. Je suis là aujourd’hui avec ma famille pour y contribuer » lance-t-elle avec la gestuelle et la manie dont, seules les femmes sénégalaises ont le secret.
À l’entrée du centre de vote, quelques sotramas ayant transporté des électeurs sont stationnées. Par petits groupes ont taille bavette en attendant 18 heures, l’heure du dépouillement.
L’entrée est minutieusement filtrée par les forces de l’ordre. Tout se passe dans le calme. Un mérite qui selon Cheickou Sylla, le coordinateur du centre de vote revient aux autorités de la transition malienne qui n’ont ménagé aucun effort pour faire de cette journée électorale, une fête électorale.
Mohamed DAGNOKO





