Sambé-Sambé, c’est la tradition à chaque fête musulmane au Mali. Les enfants et adolescents, parés de leurs plus beaux vêtements rendent visitent aux familles pour les saluer et formuler des bénédictions. Des moments très appréciés par les chefs de familles qui en retour rétribuent ces enfants et adolescents avec des jetons et rarement des billets.

 Ce matin, comme à chaque fête, les enfants du quartier viennent faire le Sambé-Sambé chez Fatoumata Touré.Et comme cela se doit, elle leur rend bien leurs bénédictions avant de leur donner de l’argent.Perpétuée fête après fête, le Sambé-Sambé date de très longtemps comme nous l’explique le septuagénaire, Mamadou Traoré.

« Sambé-Sambé nous nous l’avons trouvé à travers nos papas, nos mamans, nos grands frères. Ce sont des souhaits pour que chaque année on se retrouve et on se voit dans le bonheur et dans la prospérité ».

Dépositaire de la mémoire collective, gardien des traditions et garant des coutumes, Djéliman Bakary Soumano, responsable des griots en commune I du district de Bamako parle de la nécessité de cette tradition qui au-delà des enfants et pratiqué par les adultes.

« Quand on va chez le voisin c’est pour savoir pendant les 11 mois de l’année, peut-être que vous lui avez fait du tort ou du bien san vous en rendre compte et c’est valable pour lui aussi. Ce jour est donc une occasion d’approcher la personne pour lui demander pardon pour les fautes peut-être commises à votre insu et peut-être pour les faites qu’il a commis à votre endroit et lui pardonner aussi. C’est donc une occasion de pardon entre voisins. C’est aussi ça la beauté du voisinage parce que le premier parent que nous pouvons avoir c’est le voisin ».

Pour les adolescents le Sambé-Sambé est une occasion d’aller rendre visite à des parents qu’ils  voient rarement au cours de l’année.

« Nous allons rendre visite à nos parents qui sont dans d’autres quartiers. C’est façon pour nous de leur plaisir et leur dire que nous pensons à eux » dit Mohamed Bouya Haïdara âgé d’une quinzaine d’années

Chez Tanti Fatoumata, après le Sambé-Sambé et après avoir perçu de l’argent, les enfants en ce jour de fête ne se privent pas d’une partie de coup du marteau de Tam-Sir et de taper la pose pour la postérité.

Mohamed Dagnoko