Depuis quelques jours Bamako connait des délestages records avec plus de 24 heures sans courant dans de nombreux quartiers. Si tous les secteurs sont touchés, celui des médias paie le prix fort avec des retards et des défauts de parutions. Comment le secteur des médias est impacté par ces coupures récurrentes ?
Après deux jours sans parution faute d’électricité, le comité syndical du quotidien national l’ESSOR a tenu une conférence au terme de laquelle, son secrétaire général, Bassaro Haïdara, a interpellé les autorités sur la situation du journal et du seul groupe électrogène de l’AMAP qui a pris feu depuis le 01 Mai. Mohamed Diawara, journaliste à l’Essor nous fait le point.
« Ces dernières 48 heures l’Essor a été confronté à la non publication surtout le jeudi, l’Essor n’a pas été publié faute d’électricité. Les distributeurs sont restés à l’attente pendant plusieurs heures et malheureusement, c’est le lendemain, le vendredi, que nous avons pu publier les deux numéros ensemble, c’est ainsi que la situation s’est déroulée »
Le secteur privé des médias n’est pas non plus épargné. Directeur de publication de l’hebdomadaire « Mali Horizon » Bruno Djito Ségbédji fait recours au système débrouille pour pouvoir mettre son canard à la disposition de ses lecteurs et abonnés.
« On arrive à jongler. Tu fais un travail sur ton ordinateur portable qui a une certaine autonomie pour travailler mais ça peut vous lâcher à la phase de montage, c’est vraiment difficile. On arrive à jongler pour aller dans un cyber quand ta machine portable te lâche, pour compléter et envoyer certains articles par WhatsApp. Ce n’est pas évident, mais on arrive, comme c’est une pression d’honorer nos engagements vis-à-vis de nos lecteurs, on arrive tant bien que mal à relever le défi ».
Sans électricité au sein de sa rédaction, Indé Ombotimbé, directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Bercail » squatte le Centre International de Conférence de Bamako dans l’espoir de pouvoir être dans les kiosque ce lundi.
« Moi depuis deux semaines j’écris mais je n’arrive pas à sortir. Deux vendredis de suite que je ne paraît pas. Même aujourd’hui, je suis venu au CICB pour écrire quelque chose et voir si je peux sortir ce lundi ».
Et quand tant bien que mal les journaux parviennent à boucler leur numéro du jour, la parution peut être bloquée au niveau de l’imprimerie comme nous l’explique Mariam Sissoko du bi hebdomadaire le « Sursaut ».
« Avec les ordinateurs bureautiques sans l’électricité c’est très difficile. Avec les coupures on n’arrive pas à travailler comme il le faut. Souvent même après avoir bouclé, tout est fin prêt mais du côté de l’impression ça pose problème puisqu’il n’y a toujours pas d’électricité. Souvent ont loupe des parutions à cause de ça ».
Des programmes télés et radios en suspend en entendant le retour de l’électricité fait désormais partie du quotidien des acteurs de l’audiovisuel et de leurs millions de téléspectateurs et auditeurs.
Mohamed Dagnoko





