Le week-end dernier, l’Alliance des États du Sahel et la CEDEAO ont tenu respectivement leur sommet. Au terme de ces deux sommets, on sent que le ton commence à monter entre les deux entités. Là où les États de l’AES parlent d’un processus de non-retour au sein de la CEDEAO, cette dernière fait planer les conséquences d’une sortie de ces pays de l’organisation. Mais que pensent les maliens de cette situation qui, à terme peut leur valoir de prendre des visas pour se mouvoir dans ma sous-région ?  

 À l’issue de son tout premier sommet le samedi dernier à Niamey, l’Alliance des États du Sahel (AES) prévoit d’être une confédération pour faire face aux défis communs. Une décision saluée par Oumar Traoré.

« Ces trois pays traversent une crise socio politique depuis très longtemps. Je pense que s’ils arrivent à se retrouver à se donner la main ça va donner un nouvel élan pour la sécurité et sur le plan économique ces trois pays regorgent de ressources naturelles ça peut être bien pour les populations de ces pays »

Pour le journaliste Boureïma Soulo, si la décision de créer l’AES est compréhensible, il ne comprend cependant pas que ces trois États veuillent quitter une organisation comme la CEDEAO. C’est pourquoi il met certaines déclarations sous le coup de la colère et qui pourront changer.

« Ces des décisions, on pense qu’ils les ont prises  sur le coup de la colère. À mon avis ce n’est pas compréhensible qu’on quitte une organisation qu’on a créée il y a près de 50 ans pour mettre en place une nouvelle organisation »

Présidente de l’association Case citoyenne du Mali, Nène Diallo estime que même s’il doit y avoir un retour des États de l’AES au sein de la CEDEAO, il ya des questions qui doivent être répondues en amont.

 « À mon entendement la solution entre l’AES et la CEDEAO ce serait autour des problèmes qui se sont posés au pays de l’AES au départ, notamment les problèmes sécuritaires, géopolitiques etc. Est-ce qu’aujourd’hui la CEDEAO à une réponse à ces problèmes là si la réponse est non je crois que les pays de l’AES doivent trouver des solutions endogènes ».

Étudiant et gestionnaire d’un cyber café à ses heures  libres, Alhousseyni Oumarou Maïga pense qu’à défaut d’un retour au sein de la CEDEAO, le dialogue doit être maintenu entre les deux entités.

« J’apprécie bien l’idée de création de l’AES mais je pense en même temps qu’il ne faut pas rompre avec la CEDEAO. Les deux peuvent travailler ensemble »

 Ce pont souhaité par le jeune Alhousseyni va en droite ligne de la décision de la CEDEAO qui a mandaté le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et d’autres personnalités pour conduire les négociations entre l’AES et la CEDEAO.

Mohamed Dagnoko