Pendant 5 jours, de nombreux enfants, jeunes, et adultes, en fil indienne, se bousculaient, chaque jour, pour embarquer à bord d’un car mobile stationné sur le site du festival sur le Niger.

On le nomme le “Numéri’Car“, une innovation de cette édition de Ségou’Art. Les utilisateurs sont en contact des réalités de certaines localités du pays,  voient des spectacles et des tableaux, grâce aux merveilles de la technologie.

Selon les responsables du projet, l’idée c’est de permettre aux utilisateurs de voir le Mali dans toute sa diversité culturelle à travers des moyens technologiques.

<< Wahou, je crois que jesuis actuellement plongée dans la ville de Tombouctou. Ici c’est où ? C’est merveilleux ! >>, s’est exprimée une utilisatrice en s’adressant à l’un des guides dans le car où plus d’une dizaine de places sont équipées. Toutes sont occupées par des enfants en majorité.

Le Numéri’Car est le fruit d’un projet dénommé  Retisser la conversation>> qui est un programme culturel visant à favoriser l’émergence d’un imaginaire partagé entre les filles et fils du Mali. Il est cofinancé par l’Union Européenne au Mali>>, a expliqué Kali Sidibé, un jeune artiste metteur en scène, également directeur artistique de l’association pour la Promotion des Arts au Mali (Culture en Partage).

Il est promoteur du festival Fala de Baguinéda et directeur de l’association Monarydasoka.
A en croire Kali Sidibé, le programme s’articule autour de trois événements festifs au fort impact symbolique. Ils s’agit du festival Sho gnena djè ( fête du haricots autour de la cohésion sociale), de la journée culturelle Jiri ka hakè to ( l’excuse aux arbres, autour de la préservation de l’environnement), et du festival Macina Gwa kuru ( le Gwa kuru de Macina, autour de la sécurité alimentaire et du vivre ensemble), et les tournées du numériCar ( une tournée d’animation culturelle dans les écoles et universités, les centres culturels et espaces publics). Il est piloté par deux de ses associations Monarydasoka et Culture en Partage et d’autres partenaires tels que l’ONG APSN, SAM prod etc.

<<Nous avons vu que très souvent l’art est inaccessible aux gens. Et le Numéri’Car est là pour repenser cela. Il leur permet d’être imprégnés en étant au cœur même de l’action >>, a-t-il indiqué.
Selon ses explications, le Numéri’Car est un car équipé de technologie informatique qui simule la présence physique d’un utilisateur dans un environnement artificiellement généré par des logiciels. Avec des lunettes sophistiquées, les utilisateurs se sentiront au coeur des actions, d’avoir la sensation d’accéder à des zones qu’il n’a  n’as jamais visité.

Le Numéri’Car permet donc aux bénéficiaires du projet de valoriser la paix et le vivre ensemble à travers des films maliens via la diffusion d’éléments VR ( Virtuel Reality).
<< Le Numéri’Car est une Réalité Virtuelle. Il est différent du cinéma qu’on voit à l’écran. Il vous permet d’avoir de la sensation, d’être en contact des œuvres des endroits auxquels vous avez des difficultés à accéder >>, a-t-il précisé. Avant de saluer l’Union Européenne au Mali qui, d’après lui, a rendu ce rêve possible.

<< Le Numéri’Car ce n’est pas uniquement pour les enfants. Ça concerne tout le monde, mais à Ségou les enfants ont plus d’engouement vers la chose que les adultes. Ce sont vraiment des différentes disciplines artistiques et culturelles qui se retrouvent sur un même lieu>>, a-t-il laissé entendre.

Moussa Sékou Diaby