Lors de la 21ème édition de Ségou’Art-Festival sur le Niger, nous avons découvert les œuvres de Wilyame Zida, un jeune artiste burkinabè qui a exposé en solo au Musée Régional de la Marionnette de Ségou.
Qui est Wilyame Zida ?
Wilyame Zida est un jeune artiste plasticien, dessinateur professionnel Burkinabè, qui s’exprime depuis 2006 à travers la peinture.
Il est également secrétaire général de l’association Arts Burkina, une organisation qui évolue dans la promotion de l’art. Zida est un artiste qui a un pied dans l’illustration et l’autre dans la peinture. Sa démarche artistique adopte un style surréaliste.
<< Au début j’ai commencé à faire de la pyrogravure, une technique de gravure consistant à dessiner ou imprimer un motif sur un objet en brûlant sa surface. Après la bande dessinée, le dessin animé et pour finir à la peinture>>, a-t-il révélé.
<< Je travaille dans les illustrations avec des éditeurs. Mais l’amour de la peinture ne fait que prendre le dessus de jour en jour >>, a-t-il fait savoir.
Pour sa première participation à Ségou’Art, l’artiste nous a fait découvrir cinq de ses toiles qu’il a peint au Burkina Faso.
<< Ségou n’a pas été une résidence de création. Ces œuvres ont été peintes à Bobodioulasso, au Burkina Faso >>, a-t-il précisé.
Quelles sont les œuvres présentées par l’artiste ?
Les cinq œuvres de l’artiste qui étaient en exposition solo au musée de la marionnette de Ségou sont : “Initiation musicale“, “Femmes et musique“, “Le griot“, “L’éducation à l’ère du numérique“, “L’Afrique des ressources naturelles“.
<<Ce sont ces 5 Oeuvres que j’ai exposé, en exposition solo. Je les ai ramenés du Burkina Faso>>, a-t-il précisé.
Des œuvres qui, selon lui, sont faites pour dénoncer et non pour défier ou manquer de respect à quelqu’un. Avec le style qu’il mène, le “Surréalisme“.
<<Je nage un peu partout. Je m’inspire des faits de la société et je travaille en fonction de ça. Avec mes cinq œuvres, je parle un peu de la culture africaine, la politique africaine et européenne et le digital etc. Le digital parce que je suis personnellement passionné par tout ce qui concerne la technologie. Je fais ressortir les instruments traditionnels dans mes œuvres également >>, a-t-il expliqué.
Des défis à relever ?
Pour l’artiste, chaque jour est un défi et chaque œuvre qu’il crée représente un défi pour lui.
<< Je suis en compétition avec moi-même. Tout ce que je fais, c’est à partir de tout ce que j’ai réalisé. J’essaie toujours de faire mieux>>, a-t-il dit.
Cet ancien lauréat de la Semaine Nationale de la Culture SNC (Burkina Faso), ajoutera que cette aventure artistique dans la peinture est un grand défi pour lui, car selon lui, il veut amener l’art de son pays à dépasser les frontières.
C’est dans cette dynamique qu’il s’est retrouvé en 2024, en Allemagne à l’Académie nationale supérieure des Beaux-Arts. Pour lui, des voyages qu’il a fait en Europe l’ont donné d’autres idées de la vie. Des inspirations pour d’autres œuvres à venir.
<< Né en Afrique, grandit en Afrique, commencé à peindre en Afrique et aller découvrir l’Europe plus tard m’a permis de voir la différence entre les deux mondes et m’a beaucoup inspiré dans mon travail>>, a-t-il indiqué. Ségou a été une seconde expérience pour lui, de découverte
Son combat c’est de faire connaître l’art !
À en croire Wilyame Zida, l’art plastique a encore besoin de la place que ce soit au niveau de la formation et de l’initiation. Son souhait c’est de le voir introduire dans le cursus scolaire afin de faire un déclic chez beaucoup de jeunes africains.
<< Il faut donner la possibilité aux artistes de s’exprimer. Nous avons besoin d’avoir des cadres parfaits pour les expositions d’arts. Faire en sorte que les artistes bénéficient des formations et surtout l’accompagnement des hommes de médias pour immortaliser et médiatiser nos œuvres. Il faut aussi créer des grandes écoles en Afrique pour l’art plastique>>, a-t-il demandé aux autorités des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Le rôle de l’Art dans l’AES ?
Aux dires de l’artiste, l’art plastique a un grand rôle à jouer dans la construction d’un État fédéral au Sahel. D’après lui, l’on peut s’en servir pour unir et maintenir la cohésion entre les pays de l’AES.
<< Quand on veut citer les pays africains où les arts sont développés, on aura forcément les trois pays de l’AES. Si les trois pays là s’unissent et parlent le même langage artistique ça va cartonner>>, a-t-il fondé son espoir. Avant de rappeler que déjà, la semaine de la fraternité lancée à Ségou est un bon début et montre l’union entre les trois pays.
En perspective, Zida entend étaler l’art plastique contemporain africain au-delà de nos frontières. Il s’agira pour lui, de développer la peinture et le dessin, en les illustrants dans les méthodes traditionnelles et digitales.
Par ailleurs, il a fait savoir que leur association est en train de mettre en place déjà pas mal de choses au Burkina Faso. Beaucoup de projets pour la promotion de l’art. Ils sont en train de faire du bénévolat dans les orphelinats, dans les écoles pour partager leur connaissance et savoir-faire aux enfants.
<< Avec cette union de l’AES, j’ai rencontré à Ségou beaucoup d’amis avec qui l’on souhaite faire beaucoup de choses dans l’avenir. Je suis très heureux de participer à cette 21ème édition Ségou’Art-festival sur le Niger >>, s’est-il réjouit.
Avant de lancer un cris de cœur aux autorités des trois pays de s’intéresser à ce secteur d’activité qui n’est pas trop connu chez la plupart des Africains. << L’art plastique a besoin de promotion de leur part. Les artistes travaillent pour cette promotion, mais si l’État aussi s’y met pour nous aider il y aura beaucoup d’amélioration dans ce secteur>>, a-t-il souhaité.
Moussa Sékou Diaby





