Clap de fin du FESPACO. Le prix le plus attendu, le plus prestigieux, l’étalon de Yennenga a été enlevé par « Katanga ou la danse des scorpions » du burkinabè, Dani Kouyaté.
28 ans plus tard, il offre au pays des hommes intègres son 3ème étalon de Yennenga égalant au passage le Mali.
Avant cette consécration, le film s’était déjà distingué en remportant quatre prix spéciaux : le prix spécial Sembène Ousmane d’Ecobank, le prix spécial du fonds de développement culturel et touristique, le prix UEMOA du long métrage et le prix de la critique africaine Paulin Soumanou Vieyra.
Au regard de ces prix glanés, le sacre de « Katanga ou la danse des scorpions » apparait comme une évidence.
La trame du Film
Notre confrère Moustapha Maïga qui a suivi le long metrage nous y plonge.
« Dani Kouyaté nous fait jouer 113′ dans le Noir et Blanc. Il veut prouver aux cinéphiles que l’histoire qu’il porte sur l’écran est intemporelle.
Une histoire de gestion de pouvoir. Une histoire de femme prête à tout pour arriver à ses fins. Une histoire qui entremêle paranoïa (peur de perdre le pouvoir), trahisons, jalousie, haine, intrigues, karma, révolte des peuples…..
Le film raconte l’histoire diabolique et tragique du pouvoir, un peuple face à la boulimie du pouvoir par ses chefs et qui met à nu le pouvoir de la femme, une opportuniste, qui parvient toujours à ses fins.
L’histoire de Katanga, le héros du film, commence avec un devin qui lui annonce qu’il succèdera au roi ; puis, la complicité de son épouse le convainc à renverser son cousin, le roi Pazouknaam pour enfin décider d’éliminer tous les fidèles et autres serviteurs loyaux du défunt roi. Les exécutions arbitraires et sommaires finiront par une révolte des veuves et des épouses des exilés avant que les sages ne contraignent le nouveau roi Katanga au suicide. »
Une histoire de pouvoir, ancienne mais aussi très contemporaine qui a parlé aux jurys et au public et a su les convaincre. Ainsi, l’auteur de Sia le rêve du python ou encore de Keïta l’héritage du griot fait son entrée dans le cercle très fermé des détenteurs de l’étalon de Yennenga.
Le Mali qui, pour une première était présent à ce rendez-vous du cinéma avec 11 film en compétition ne rentre pas bredouille. Le long métrage « Fatow » de Fousseiny Maïga a remporté le prix spécial long métrage documentaire et « Klema » de Boubacar Touré a remporté le prix de l’Assemblée législative de transition doté d’une enveloppe de 7 millions.
Mohamed Dagnoko





