24 heures avant la tenue d’un sommet extraordinaire de l’Union Européenne à Bruxelles auquel prendra part Volodymir Zelensky , Emmanuel Macron s’est adressé aux français. Il a mis l’accent sur le nécessaire réarmement militaire de la France et de l’Europe face à la menace russe qui selon lui va au-delà de l’Ukraine.
Macron a donné le ton. L’Union Européenne qui a besoin de près de 800 milliards d’Euros dont 300 milliards pour la seule France doit fournir ce effort pour contenir la menace russe.
Si pour de nombreux français cet effort économique va avoir des conséquences sur la qualité du service public, la santé et d’autres secteurs clés, pour le président Macron, ne pas faire cet effort revient à laisser l’Europe à la merci de la Russie qui ne cesse d’accroitre son budget militaire et prévoit le « recrutement de plus de 300 mille soldats et l’acquisition de nombreux avions de combats ».
Dans son discours d’une quinzaine de minute, Emmanuel Macron a appelé l’Union Européenne à faire face à la menace russe en soutenant tout d’abord l’Ukraine à obtenir un « solide accord de paix avec la Russie » et en investissant massivement dans les armées car selon lui la Russie ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
« La Russie est devenue aujourd’hui et pour longtemps une menace pour la France et pour l’Europe » dit-il péremptoire comme pour tirer de leur léthargie les pays de l’union qui ne se semblent pas encore se rendre compte de l’ampleur de la menace.
Un préparation qui selon lui nécessitera des efforts financiers « nous aurons à faire de nouveaux choix budgétaires (…), sans que les impôts ne soient augmentés » rassure-t-il. Mais pour de nombreux français interrogés cela aura forcément des conséquences sur la dette du pays et la qualité du service public.
Pour Manuel Bompart, député Nouveau Front Populaire à l’Assemblée Nationale, en disant cela, le président français voudrait dire que les plus grosses fortunes de France n’auront pas à contribuer et que ce sont les français de la classe moyenne qui vont supporter ces coûts que va nécessité ce réarmement.
Le rapprochement entre les États-Unis et la Russie, l’éloignement de l’administration Trump de l’Otan, les discussions autour de la sécurité de l’Europe entre américains et russes exigent selon Emmanuel Macron des « décisions sans précédent ».
Pour prendre ces décisions il « invite toutes les forces politiques et syndicales (…) à faire des propositions ».
L’instauration des taux de douanes de 25% sur les produits canadiens et mexicains par les États-Unis et prochainement sur ceux de l’Europe ont fini de convaincre Emmanuel Macron qu’il ne faut « compter que sur soi ».
Mohamed DAGNOKO





