« Je pense que les limites sont dépassées par les autorités. Nous n’avons pas peur de la prison, mais nous avons peur en voyant ce que ce qui se passe, le pays ne peut s’apaiser avec ça. Et pourtant, à chaque fois, ce sont ces mêmes autorités qui prônent un Mali en paix et réconcilié, un Mali où il y a la justice. L’arrestation de nos camarades ne s’est pas faite dans les règles de l’art, la loi n’a pas été respectée. Ils ont été arrêtés au domicile privé d’un des leurs. Et pourtant, la loi est claire là-dessus, personne ne doit être arrêté chez lui sauf si la personne a commis un crime ou avoir une autorisation du procureur pour le faire.

 Ce 20 juin, chez Moustaphe Dicko, ils n’avaient pas de mandat d’arrêt. Ce sont des hommes en armes qui sont arrivés en nombre, cagoulés. On reproche aux politiques d’avoir violé la loi, d’avoir violé le décret interdisant les activités des partis politiques. Mais ce qu’il faut se dire aujourd’hui, c’est que pour moins que ça, beaucoup sont en prison. On a l’exemple de Rose qui n’a seulement dit que les denrées sont chères, des responsables religieux, des syndicalistes, des journalistes ont été arrêtés.

Il suffit de dire quelque chose qui soit mal interprétée et vous partez en prison. Le problème que nous avons aujourd’hui, nous voulons la paix, se mettre ensemble et réfléchir pour trouver des solutions aux problèmes qui assaillent les maliens. La vie est chère, il n’y pas d’électricité, les routes sont dégradées et ça, ça nous engage tous. Il faut donc que chacun puisse donner son avis sur ces questions. L’article 06 de la nouvelle constitution dispose que les personnes doivent jouir de leur liberté d’expression. Malheureusement cela n’est pas respecté par les autorités. Nous disons non à cette arrestation et exigeons leur libération pour le salut du pays. Personne ne peut à lui seul gérer ce pays. C’était cela le sens de notre lutte pour renverser le pouvoir de Ibrahim Boubacar Keïta »

Propos recueillis par Aly Sylla