Le cinéaste malien, Souleymane Cissé est décédé ce mercredi dans l’après-midi. Quelques heures plutôt, il organisait une conférence de presse pour présenter trois distinctions majeures. Assane Koné, le président des journalistes culturel du Mali était présent à cette conférence. Lui qui côtoie Souleymane Cissé depuis de nombreuses années nous a accordé une interview pour revenir sur les dernières heures de l’homme et parler de son parcours.
Infhonnete: Vous étiez avec Souleymane Cissé ce matin en conférence de presse. Peu de temps après, vous apprenez son décès. Dans quel état est-ce vous êtes ?
AK: Vous imaginez bien que c’est un choc. Je n’arrive pas encore à réaliser. Quitter quelqu’un à 11 heures 40 et apprendre son décès aux environs de 15 heures ce n’est pas facile. J’ai dû dire à de nombreuses personnes que l’information n’était pas vraie tant j’ai quitté l’homme étant très en forme. Il est revenu de la Gambie il y a quelques jours. Cette conférence de presse c’était pour présenter des trophées gagnées en Gambie, aux États-Unis et à Cannes. Nous sommes donc peinés mais ne pouvons rien contre la volonté de Dieu.
Infhonnete: En tant que journaliste culturel, vous connaissez l’homme et l’artiste depuis très longtemps. Qu’est-ce que vous retenez du cinéaste et de l’homme tout court ?
AK: Nous avons commencé ce métier quand il était déjà au sommet de son art. Il nous a fait confiance et nous associait à toutes ses activités. Il a aimé son métier et a eu de nombreuses récompenses à travers le monde. Souleymane Cissé était quelqu’un de très attachant, très humain, exceptionnel .
Infhonnete: Il était attendu au FESPACO pour présider le jury long métrage. Qu’est ce qui va se passer maintenant ?
AK: Ce matin en conférence de presse, il n’a pas caché sa joie d’avoir été choisi pour présider ce jury. Maintenait avec son décès, c’est sûr qu’il y aura beaucoup d’hommages ici au Mali et au Burkina Faso. Souleymane Cissé était quelqu’un de très aimé et apprécié dans les rues de Ouagadougou. Les jeunes réalisateurs raffolaient de ses conseils. Il sympathisait avec tout le monde. C’est donc sûr que son décès est une grande perte. Pour sûr, dans les règlements du FESPACO il y a des moins pour le remplacer.
Infhonnete: Quel héritage il laisse qui selon vous peux inspirer la jeune génération ?
AK: C’est sûr que sa vie et ses œuvres sont des bibliothèques qui peuvent inspirer la jeune génération. Ce matin, je dirai qu’il a fait son testament. Il a appelé la jeune génération de réalisateurs à porter haut le flambeau. Il s’est prononcé sur des choses qu’il n’a pas l’habitude de faire. Il a appelé les autorités à doter le pays de plus de salles de cinéma et d’aller au-delà des 7 que compte le pays. Il dira que l’effort qui est fait pour rénover les terrains de foot que ce même effort soit fait en faveur des salles de cinéma car pour lui, le cinéma peut créer beaucoup de richesses.
Propos recueillis par Mohamed Dagnoko




