Le 30 Mai dernier, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye s’est rendu successivement à Bamako et à Ougadougou où il a rencontré le colonel Assimi Goïta et le capitane Ibrahim Traoré. Au cours de cette visite d’amitié et de travail, il a été questions des enjeux communs, de renforcement des coopérations et surtout d’un probable retour de ces deux pays au sein de la CEDEAO.

 Première visite à Bamako et à Ouagadougou depuis son élection, le président Diomaye était en prise de contact avec ses homologues de la sous-région ouest africaine. Une visite mise à profit pour rappeler les défis communs et les voies et moyens pour les relever. Au Mali comme au Burkina, la question de la lutte contre centre le terrorisme était au centre des échanges.

« Nous avons voulu de la concertation pour la prise en charge des défis que nous avons en commun, le terrorisme, la lutte contre le trafic illicite notamment la traite des êtres humains, de la drogue mais aussi la lutte contre la criminalité transfrontalière de façon générale. Nous avons d’autres défis que nous devons relever ensemble, à savoir les défis écologiques au niveau de la Falémé. Vous savez que nous partageons une ressource précieuse à savoir l’eau avec l’OMVS » a dit Diomaye Faye.

En plus du Niger, le Mali et le Burkina ont pris la décision, en janvier dernier de se retirer de la CEDEAO qu’ils accusent de défendre des intérêts étrangers alors qu’ils avaient lancé en Septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES). Lors de sa tournée, Bassirou Diomaye, a, à titre individuel plaidé pour un retour de ces pays au sein de la CEDEAO. Présent à Bamako pour prendre part à la 3ème édition du salon des médias, Ousmane El Hadj Ibrahim, directeur de télé sahel, la télévision nationale du Niger pense que cela est difficile en l’état actuel des choses

« Au regard de ce qui se prépare dans les trois pays, je ne pense pas que le retour sera aussi facile que ça parce que les trois pays sont constitués en confédération et ils sont en train d’harmoniser leurs textes dans tous les domaines. La seule possibilité c’est de traiter en tant qu’espace communautaire d’égal à égal avec la CEDEAO c’est ce qui est envisageable pour un peu aplanir les conflits. Mais je ne pense pas que tel que ça été vu et tel que ça été demandé par la CEDEAO que les trois pays de l’AES retournent à la CEDEAO je ne pense pas » analyse Ousmane El Hadj Ibrahim.

Malgré les contraintes, le président sénégalais croit en la vertu du dialogue pour concilier les positions.

 « Nous devons continuer à travailler avec toutes les parties prenantes, ne pas se décourager de trouver des issues heureuses qui nous permettent de renforcer l’intégration soit en passant par la coopération bilatérale et aussi en corrigeant les impairs que nous avons noté dans les coopérations multilatérales notamment dans les instances sous régionales et régionales qui nous ont valu cette situation regrettable que nous vivions. Mais nous ne pouvons pas nous résigner à observer un outil d’intégration formidable dans sa conception et les résultats cités en exemple se désintégrer sans rien faire »  espère Diomaye Faye.

Au Burkina ou il a achevé sa visite, il a reconnu que les portes entre les États de l’AES et la CEDEAO étaient fermées mais appelle à ne pas fermer les fenêtres et baisser les rideaux.

Mohamed Dagnoko