Très tôt ce dimanche matin, huit militaires ont fait irruption dans les locaux de la télévision nationale béninoise. En main, ils avaient des armes mais surtout une déclaration de coup d’État qui a été lue. Ils ont déclaré que le Patrice Talon n’était plus le président et qu’il était remplacé par le Lieutenant- Colonel, Pascal Tiagri.
Retournement de situation
Au moment où les militaires lisaient le communiqué, la situation n’était semble-t-il pas totalement sous contrôle. D’autres militaires, restés fidèles menaient la riposte.
Moins de deux heures après la coupure des signaux de la télévision nationale, ils reprenaient du service. Non pas pour le communiqué numéro 002 des militaires mais pour permettre au ministre de l’intérieur de “rassurer” les populations que la situation était “sous contrôle ” et qu’elles pouvaient “librement vaquer à leurs occupations ” et surtout que le Président Talon était ” hors de dangers“.
Un mauvais Timing ?
Dès l’annonce du coup d’état, de nombreux internautes ont fait le rapprochement avec celui qui avait mis fin au mandat de Feu Amadou Toumani Touré au Mali en 2012.
La ressemblance tient au fait que tout comme au Mali en 2012, le Bénin s’achemine vers une élection présidentielle en Avril 2026 et que le président sortant, après deux mandats avaient décidé de ne pas se présenter.
Alors, faire un coup d’état dans ces circonstances est incompréhensible pour beaucoup d’observateurs. Et pour ceux qui tentent de l’expliquer, ils mettent en avant le fait que le président sortant ait écarté les principaux candidats de l’opposition pour dresser un boulevard devant sont candidat désigné.
Ce jeu de passe passe dont se rendent coupables de nombreux présidents sortants sont selon eux le nouveau terau fertile des coups d’État.
En tout état de cause, ce qui vient de se passer au Bénin révèle un malaise dans un pays qui était désigné comme élève modèle de la démocratie.
Le pays pourra-t-il, après cette tentative de coup d’état organiser la présidentielle en Avril prochain comme prévu ?
Ce qui est sûr, si le boulevard qu’on lui soupçonne de vouloir ouvrir à son poulain n’était pas possible dans l’immédiat, il l’ouvrirait pour lui même.
Mohamed Dagnoko





