Dans le cadre de la rédaction de la charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, la commission mise en place a initié une série de rencontre avec les forces vives de la nation pour parvenir à un document qui réponde aux aspirations du peuple malien. La dernière rencontre était celle de  la classe politique.

Plusieurs partis politiques ont répondu à l’invitation du ministère de l’administration territoriale pour venir échanger avec la commission de rédaction de la charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale. Une occasion de recueillir l’avis des acteurs politiques sur l’avant-projet.

 « Ce processus doit apporter  une valeur ajoutée à tous les processus d’ententes passés et processus d’élaboration de charte. Nous sommes dans un contexte qui permet aux maliens en toute liberté, en toute souveraineté de réfléchir  et de penser par eux-mêmes et de proposer de bonnes solutions,  c’est ce qui a manqué par le passé. Par le passé, tout ce que nous faisions était parasité par l’interférence et l’ingérence extérieure » a dit Ousmane Ag Mohammedoun président de l’Alliance pour la Refondation du Mali.

Cette charte sensée, en lieu et place de l’accord de paix réconciliée les maliens et ramener définitivement la paix connait selon des politiciens des manquements dans la mise en place de la commission en charge de sa rédaction.

 Selon Nouhoum Togo, président du parti Union pour la Sauvegarde de la Démocratie, il fallait en lieu et place de nombreux membres de la commission actuelle choisir des autorités locales, des chefs coutumiers et  traditionnels qui, au plus fort de la crise sont restés sur place. Ce sont selon lui, ceux-ci qui peuvent valablement parler au nom des communautés et dire ce qu’il faut réellement pour ramener la paix. Si cela n’est pas fait il craint que cette charte ne soit une charte de plus, une charte de trop qui va à ses dires trouver place dans les placards comme ce fut le cas de la charte de paix rédigée au temps du président feu Ibrahim Boubacar Keïta.

Ce manquement au dires d’autres acteurs politiques peut être combler par l’implication des politiques qui ont en charge d’informer et de sensibiliser les communautés.

 « En tant que partis politiques, nous pensons que c’est une aubaine parce que notre rôle c’est d’avoir des citoyens bien formés qui comprennent c’est quoi la patrie, qui comprennent les enjeux géopolitiques et géostratégiques de la nation pour avoir une meilleure structuration et organisation pour le développement économique, social et culturel du pays » croit Boubacar Bocoum, président du Parti Africain pour l’Indépendance et la souveraineté.

Le regroupement des partis signataires du 31 mars présent dans la salle, a une de fois de plus demandé la libération des 11 politiciens en prison depuis le 20 juin dernier gage selon lui d’inclusion et mise en œuvre pratique de la réconciliation souhaitée et recherchée à travers cette charte en phase d’élaboration.

Mohamed DAGNOKO