Selon l’Agence Nationale de la Météorologie ( Mali météo ), les conditions climatiques seront extrêmement difficiles au Mali à partir du mois de mars et continueront jusqu’au mois de Mai.
Pendant cette période (de Mars à Mai ), Mali météo prévient que la situation météorologique sera caractérisée par un vent dominant de secteur Nord-est, avec par moments des soulèvements de poussière. Et en perspective, l’agence Mali météo a annoncé qu’il est prévu globalement des températures supérieures à la normale climatologique 1991-2020 dans l’ensemble du pays.
En effet, des températures supérieures à la normale 1991-2020 au Mali signifient que les températures observées dépassent la moyenne calculée sur cette période de référence de trente ans, indiquant un réchauffement, avec des hausses de + 0,4 à +0,5 °C observées en Afrique de l’Ouest. Ces anomalies, souvent liées à la désertification et au changement climatique, se manifestent par des mois plus chauds, notamment en mars-juin, selon les données de United nations Digital Library System.
Évidemment ces anomalies climatiques ont des conséquences sur la planète et sur les populations qui la composent, notamment en santé publique, en agriculture et élevage, en ressources en eau, en énergie etc.
Quels sont les impacts sectoriel potentiels ?
D’après Mali météo, en santé publique, pendant la période, il faut s’attendre à l’augmentation des coups de chaleur; à la déshydratation accrue ; au stress thermique chez les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées) ; à l’aggravation des maladies respiratoires à cause de la poussière.
L’agence insiste sur le cas des zones urbaines comme Bamako. Selon elle, ces zones seront particulièrement exposées à l’effet d’ilot de chaleur urbain.
En agriculture et élevage, il faut s’attendre entre autres, au stress hydrique des cultures avant la saison des pluies, à la réduction possible des rendements agricoles, à la difficulté d’abreuvement du bétail, à la dégradation des pâturages et à l’apparition de certaines maladies animales (Halètement, vomissement etc…).
Sur le plan des ressources en eau, Mali météo prévient que de Mars en Mai, qu’il y aura l’augmentation de l’évaporation, une forte demande en eau, un risque de surcharge du réseau de la somagep, l’augmentation des coûts de l’eau, la baisse des niveaux des points d’eau temporaires, ainsi que la pression accrue sur les nappes phréatiques.
Sur le plan de l’Energie, il faut également s’attendre à une forte demande en électricité, un risque de surcharge du réseau électrique et à l’augmentation des coûts énergétiques.
Quelques conseils et recommandations de Mali météo :
Au plan énergétique, l’agence conseille aux responsables de renforcer la maintenance préventive du réseau électrique pour réduire les risques de surcharge et de coupures. En outre, elle informe les usagers sur l’importance de la gestion efficiente de l’énergie (utilisation d’équipements basse consommation, limitation des pics de demande).
Aux responsables des services énergétique et aux usagers, elle leur conseille entre autres, de développer des solutions d’énergie renouvelable locale, notamment l’énergie solaire, particulièrement disponible durant la période ; de mettre en place des plans de délestage contrôlé, si nécessaire, afin de protéger les équipements et stabiliser le réseau ; d’encourager l’utilisation de climatiseurs de ventilateurs et des ampoules à faible consommation ainsi que l’amélioration de l’isolation des bâtiments ; de diversifier les sources d’énergie pour réduire la dépendance aux systèmes fragiles en période de chaleur extrême.
<< Les autorités et les populations sont invitées à faire preuve d’une vigilance accrue et à mettre en œuvre des mesures préventives afin de réduire les effets des températures extrêmes et des conditions climatiques difficiles prévues >>, a-t-elle conseillé.
Sur le plan sanitaire, Mali météo recommande : de renforcer la surveillance sanitaire des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, personnes souffrant d’affections respiratoires etc…) ; de diffuser des messages de prévention (hydratation régulière, d’éviter les activités intenses aux heures chaudes, de porter des masques anti-poussière) ; de mettre en place ou renforcer des points d’eau potable dans les zones vulnérables ; de développer des abris temporaires rafraîchis dans les centres urbains pour réduire l’effet d’ilot de chaleur ; de privilégier le suivi de la qualité de l’air et d’activer les alertes en cas de dépassement des seuils de particules fines ; de former le personnel de santé à la prise en charge des pathologies liées à la chaleur et à la poussière.
Sur le plan agricole, il demande aux responsables du secteur agricole : d’encourager auprès des agriculteurs, les techniques de conservation de l’humidité (paillage, semis direct, irrigation goutte-à-goutte) ; de promouvoir l’utilisation de variétés tolérantes à la chaleur et à la sécheresse pour les semis précoces.
Aux éleveurs, de préparer des points d’eau pour le bétail et renforcer la surveillance de l’état corporel des animaux ; de planifier les déplacements pastoraux en fonction des zones encore disponibles en pâturages ; de mettre en place une veille agroclimatique pour accompagner les producteurs en période de forte chaleur ; de renforcer le stockage de fourrage pour anticiper la dégradation des pâturages.
Au registre des ressources en eau, les recommandations de Mali météo concernent : l’optimisation de la gestion des ressources en eau par la régulation des usages (domestiques, agricoles, industriels) ; la réhabilitation ou la protection des points d’eau vulnérables (mares temporaires, puits traditionnels) ; la promotion des techniques de réduction des pertes d’eau (cuvelage des puits, amélioration des systèmes de distribution); le renforcement de la surveillance hydrologique pour anticiper les déficits critiques dans certaines localités. En fin, la lutte contre la surexploitation des nappes en favorisant des usages rationnels et contrôlés.
Pour rappel, lors du conseil des ministres de ce mercredi 11 mars, sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du Plan stratégique de Développement de la Météorologie et son Plan d’actions 2026-2030.
Pour dire qu’il est impératif de prendre en compte les informations fournies par l’agence Mali météo afin d’atteindre les objectifs fixés.
En effet, ce plan a pour objectif de positionner la météorologie nationale comme un pilier technologique de la durabilité et de la souveraineté du pays, par la génération d’informations climatiques et météorologiques fiables pour la gestion des risques, la sécurisation des infrastructures critiques et l’optimisation économique des secteurs stratégiques. Le projet de décret, adopté, consacre son approbation et ouvre la voie à sa mise en œuvre.
Moussa Sékou Diaby





