Au cours d’un débat télévisé sur la chaîne nationale, le directeur général des transports Mamadou Sow, a annoncé qu’ils sont en train de prendre des mesures dérogatoires afin de faciliter pour les 1600 véhicules de marchandises qui sont immobilisés au niveau des postes frontaliers.

<< Des mesures dérogatoires ont été prises après concertation entre les parties afin d’atténuer la situation. Dans les prochains jours, les autorités sont en train de voir comment procéder afin que les 1600 véhicules immobilisés aux frontières puissent arriver à destination sous le contrôle des douanes. Après leurs déchargements, ces véhicules doivent être amenés dans les garages pour répondre aux exigences. C’est après cela que leurs cahiers seront rendus. Les cahiers de tous ces gros gabarit hors normes sont à la disposition de la direction générale des transports. Sans ces cahiers, ces véhicules ne pourront plus quitter le territoire >>, a-t-il annoncé.

Selon lui, une façon pour le gouvernement d’avoir une oreille attentive à la doléance exprimée par les transporteurs, malgré les campagnes de sensibilisation avant l’entrée en vigueur de la mesure. Sans oublier des tolérances accordées aux véhicules long de 16, 53 mètres d’acheminement leurs marchandises. Selon le directeur général des transports, il faut comprendre également que la loi permet aux propriétaires des marchandises qui sont dans les véhicules hors normes de faire recours à un autre véhicule répondant aux exigences pour le transfert de leurs marchandises afin de poursuivre leurs acheminements. Pour faire comprendre que le gouvernement est toujours dans la sensibilisation.

Pour rappel, à la mi-avril, après une réunion élargie aux différents acteurs, il a été convenu entre autres d’autoriser, à titre exceptionnel, la sortie des vehicules transportant des balles de coton immobilisés au niveau des postes frontaliers en direction des ports de transit, de transmetre à la direction générale des Transpots la situation de ces véhicules autorisés à sortir avant leur mise en route. En outre, plusieurs semi-remorques plateau transportant des conteneurs ainsi des véhicules porte-chars ou porte-engins, immobilisées ont été autorisés à circuler.

La doléance des transporteurs 

<< Nous sommes pour l’application de cette mesure. Mais pour faciliter la tâche au niveau des frontières, nous avons proposé qu’on laisse rentrer les véhicules hors normes sur notre territoire et qu’ils soient mis à la disposition des douanes et de la gendarmerie. Après le déchargement, que ces véhicules soient corrigés avant sa mise à la circulation. C’était ça notre proposition >>, a expliqué Yaya Koïta, 1er Vice-Président du Conseil Malien des Transports Routiers (CMTR) qui remercie beaucoup le gouvernement pour les efforts consentis. À l’en croire en plus de la négligence, ce qui a rendu difficile l’application de cette mesure, c’est la préférence des pays littoraux au paiement des frais de pénalités pour ces véhicules hors normes.

Quelle est cette mesure ?

C’est une directive de l’uemoa à travers le règlement n°14 adopté depuis 2005, en rapport avec les normes de pesage, de gabarit et de charge à l’essieu des véhicules de transport de marchandises. Il y a eu plusieurs tentatives pour son application. Des annonces fortes, après c’est le silence radio. Cette année le gouvernement de la transition après plusieurs constat, a conclu que le non respect de cette mesure coûte beaucoup plus chers au pays. Chaque année c’est des milliards qui vont dans la construction et dans l’entretien des axes routiers. Or il faut minimiser les dépenses. Aux dires de Mamadou Sow directeur général des transports, le contrôle a permis de constater un poids de 219 tonnes sur un véhicule qui ne devait pas dépasser les 51 tonnes. Or les routes ont été construites au Mali sur la base de 13 tonnes à l’essieux, afin qu’elles puissent avoir une durée de vie de 25 ans.

En effet, la mesure dit que le longueur d’un véhicule ne devrait pas dépasser 16,5 mètres, le largeur, 2,5 mètres, le hauteur pas plus 4 mètres. Cependant, après constat, les autorités ont vu que la plupart des véhicules de transport des marchandises sont longs de plus 23 mètres et leurs hauteurs et largeurs atteints respectivement 5 et 3 mètres. Or, au Mali, les autorités acceptent de fermer les yeux sur les véhicules qui ont dépassé seulement la norme de 50 cm sur chaque dimension. C’est pourquoi beaucoup de véhicules sont restés aux différentes frontières.

C’est pourquoi, depuis l’entrée en vigueur de son application il y a un mois, plusieurs vehicules gros porteurs, hors normes et hors gabarit sont immobilisés sur les corridors des 7 ports où existent les entrepôts Maliens, à savoir Dakar, Nouakchott, Conakry, Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou.

Et selon le Col/major Ahmadou Sanogo, Directeur du Renseignement et de la Lutte contre la Fraude à la Direction Generale des Douanes, à la date du 26 avril, c’est 1600 véhicules qui sont aux frontières au niveau des 9 bureaux des douanes concernés.

Par la voix de leur 1er Vice-Président, les transporteurs demandent au gouvernement encore un peu de temps comme cela a été fait pour le cas des citernes qui ont quitté 55 millilitres à 45 millilitres.

L’application de cette mesure n’est pas sans conséquence et même sur les recettes de l’État. Déjà le prix de plusieurs marchandises a grimpé, notamment le ciment. Vont-ils réussir à rendre effectif où vont-ils échouer comme leurs prédécesseurs ?

Affaire à suivre !

Moussa Sékou Diaby