Le gouverneur de la région le général de brigade Ousmane Wélé a promis de tout mettre en œuvre afin que la première édition du grand prix du gouverneur, dans la discipline course de pirogue, puisse se tenir cette année.
La course de pirogues est une activité inscrite au programme du festival international Didadi de Bougouni depuis quelques années. Elle rassemble les différentes communautés autour des Bozos et Sômônô de la localité.
Cette innovation ajoutée au programme du festival depuis sa 6ème édition, attire d’année en année de nombreux spectateurs. Chaque après-midi de la deuxième journée du festival est consacré à cette activité.
En effet, cet événement culturel majeur valorise le savoir-faire des pêcheurs traditionnels (Bozo et Somono). Lors de la course de la 13ème édition du festival, le gouverneur de la région, très enthousiaste, a déclaré qu’il fera peser tout son poids pour que la course de pirogue devienne une activité de grande envergure dans la région pour le grand bonheur de ces communautés. Pour rappel, les autorités du pays se battent pour la cohésion sociale au sein de la population. Cette activité s’inscrit dans ce sens.
<< Aujourd’hui j’ai assisté à une fabuleuse course de pirogue une course fascinante qui a tenu en haleine un public connaisseur. Vous avez vu toute la ferveur qui a entouré l’arrivée des deux premiers de la course. Il a fallu des discussions intenses pour que l’esprit sportif prévale afin que le premier soir reconnu dans un faire-play total >>, a déclaré le général de brigade Ousmane Wélé. Avant d’ajouter : << Je suis très heureux, très content. C’est la première fois que j’assiste à cette course de pirogue à Bougouni. Je vous dis que je n’ai pas perdu mon temps. Je prends l’engagement ici avec nos camarades Bozos, mes grands cousins pour leur dire que dorénavant nous allons instituer une coupe du gouverneur à l’attention de cette discipline sportive que nous allons essayer de développer dans notre région. Nous allons travailler avec tous les Bozos de la région, avec leurs associations pour voir dans quel mesure on peut mettre un règlement et tout ce qu’il faut pour tenir le plus rapidement possible la première édition >>.
En fait, la course de pirogue de la 13ème édition du festival international Didadi de Bougouni, tenue le vendredi 30 janvier, a mis en compétition trois équipes composées d’une douzaine de joueurs par pirogue. Après le coup d’envoi donné par le gouverneur de la région, les trois équipes en lice se sont lancées dans la course sur une distance de près d’un kilomètre sur le fleuve Baoulé. À l’issue de la course, l’équipe de Zdama Baba Kanta, en maillot orange floqué festival international Didadi est arrivé première, suivie de l’équipe de Tidiani Kanta en maillot blanc avec flocage du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida (HCNLS )a été classée deuxième et l’équipe de Almamy Sogoré en T-shirt Orange a fermé la marche.
Une course très litigieuse car seul le premier a contourné le point de démarcation (un bidon qui sert de point) pour attaquer la ligne d’arrivée. L’équipe classée deuxième a passé sur le point et celle classée troisième est passée avant le bidon, selon les doyens Bozos qui ont établi la règle.
<< L’équipe Orange Didadi est passée derrière le bidon, l’équipe en blanc est montée sur le bidon, l’équipe en Orange Mali a tourné avant le bidon. Si vous n’êtes pas d’accord, il faut aller au deuxième tour >>, a affirmé le chef d’encadrement des bozos.
Après une longue discussion les équipes ont finalement accepté la décision des aînés.
<< Nous remercions les autorités locales, les organisateurs et nos aînés qui n’ont ménagé aucun effort pour la réussite et la pérennisation de cette compétition. Après plusieurs participations, nous sommes récompensés aujourd’hui grâce à la détermination de toute l’équipe >>, s’est réjoui le capitaine de l’équipe gagnante.
Une course à la nage a permis à Bakary Dienta d’être couronné.
<< Heureux de présider ce volet sportif de l’évènement pour faire comprendre que la culture et le sport vont ensemble. Comme l’on a habitude de dire un esprit sain dans un corps sain. Bravo aux aux organisateurs, aux sportifs, aux aînés qui les encadrent et à tous ceux qui ont pris part à cette magnifique course mémorable >>, a félicité le gouverneur.
Pour le directeur du festival, Seydou Coulibaly, voir tout ce beau monde, avec du sourire sur les lèvres est très réconfortant pour un organisateur d’événements.
<< Il y a toute sorte d’ethnies dans la foule, nous nous retrouvons au sein de la culture pour parler de paix, de solidarité. Je suis vraiment très heureux >>, a-t-il dit.
Lutte contre le dragage
<< Ce festival est un lieu de retrouvailles entre nous et nos enfants bozos qui sont ailleurs. Chaque année ils viennent pour le festival >>, a rappelé le chef Bozo qui a saisi l’occasion pour dénoncer les activités de dragage, un fléau qui mine les cours d’eau au Mali dont le fleuve Baoulé n’est pas épargné.
Or le Baoulé nourri beaucoup de personnes à travers le maraîchage tout au long du fleuve et l’activité de pêche.
<< Si on arrive à faire la course là dessus, c’est parce que encore l’eau est acceptable. Si elle était polluée on n’allait même pas pouvoir s’asseoir devant. Même si on est pas Bozo, nos jardins sont arrosés à partir de ce fleuve >>, a ajouté Seydou Coulibaly qui a félicité les efforts du gouverneur qui depuis sa prise de fonction veille sur l’activité de dragage avec la saisie des équipements.
Moussa Sékou Diaby





