Depuis 7 mois, les maliens, plus particulièrement les bamakois traversent une crise de l’électricité sans précédent. Si au début, les récriminations ne se limitaient que sur les réseaux sociaux à présent, avec l’approche du Ramadan les voix s’élèvent et se font de plus en plus véhéments.

Plus de courant. C’est la chanson dans les grins à Bamako. Il se ne passe une journée sans que les accusations à l’endroit des autorités ne se fassent entendre.

Au début des coupures, les regards étaient rivés sur la société Énergie Du Mali (EDM), son incapacité était pointée du doigt. Mais force est de constater que depuis quelques mois, les bamakois n’hésitent plus à citer nommément les autorités de la transition comme étant les premiers responsables de cette situation.

« Enfin, on ose appeler le chat par son nom » dit ce jeune internaute pour qui, les gens ont longtemps eu peur des militaires au pouvoir en ne s’attaquant qu’à EDM.

Il va plus loin en disant que « si c’était un régime civil, on aurait déjà assisté à plusieurs marches pour protester, mais jusque-là personne n’a osé pointer son nez sur le boulevard de l’indépendance ».

Celui qui avait annoncé une marche dans ce sens, c’est Clément Dembélé qui lui-même a des démêlés avec la justice.

Les témoignages rapportés sur les réseaux sociaux et dans des groupes WhatsApp font état de couturiers, soudeurs, coiffeurs, commerçants brefs, tous ceux qui travaillent avec l’électricité qui ne parviennent plus à joindre les deux bouts faute de moyens.

« J’ai des arriérés, je n’arrive plus à travailler, la scolarité des enfants reste en suspens. Heureusement que ma situation est comprise par mon bailleur et l’école des enfants » témoigne Moussa Coulibaly, soudeur à Baco Djicoroni.

Mais la chance de Moussa, tout le monde ne l’a pas. Certains, l’obscurité aidant, sont réduits aujourd’hui à jouer le chat et la souris avec leur créanciers.

Certainement qu’avec le retour du courant, ils se verront et chacun s’acquittera de ses dettes.

Mohamed DAGNOKO