La commune rurale de Baguinéda-Camp est connue surtout pour la culture du riz dans son périmètre irrigué. Cependant, elle peut aussi exceller dans la culture de la pomme de terre pendant la contre saison. Un agriculteur en a tenté l’expérience plusieurs fois et ça lui réussit bien! Nous sommes allés à sa rencontre pour vous !
Boulkassim Mariko, un paysan résidant à Baguinéda village, évolue dans ce domaine depuis plus de 20 ans maintenant. Il estime que la terre à Baguinéda est propice à cette culture, peu connue sur place, pour assurer l’autosuffisance alimentaire dans la localité.
En effet, la pomme de terre est cultivée au Mali depuis plusieurs décennies, comme culture de contre saison. Selon les chiffres établis, 60 % de la production nationale vient de la région de Sikasso. Elle constitue avec les régions de Koulikoro et de Ségou , les principaux bassins de production de la pomme de terre.
Selon les experts, elle est la culture non céréalière la plus productive en un temps très réduit du terrain. Cette culture est pratiquée surtout pour la contre saison c’est-à-dire les activités pour sa production ne coïncident pas avec celles des cultures annuelles. La culture de la pomme de terre est bien possible et propice sur les terres aménagées dans l’office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB) connues pour la culture du riz et des légumes pendant la contre saison.
Le ton est déjà donné par un agriculteur qui a 20 ans d’expérience et c’est à l’OPIB qui est chargé entre autres, de promouvoir le développement des principales cultures vivrières de base et des cultures maraîchères, de se fixer comme autre objectif: de faire de la localité de Baguineda, une zone de culture de pomme de terre par excellence pendant la contre saison afin de mieux garantir la sécurité alimentaire dans cette localité en particulier, et dans le pays en général.
Boulkassim partage ses expériences
Selon Boulkassim Mariko, à part quelques difficultés dans l’acquisition des semences, sinon à la récolte, ça lui profite bien. De même, en une contre saison, il peut faire deux cultures distinctes. Les tubercules et les produits maraîchers ce qui lui fait gagner beaucoup d’argent !
Son souhait c’est de voir la pomme de terre rayonner dans les champs à Baguinéda-Camp, pendant la contre saison. Pour l’instant il est le seul à évoluer dans ce domaine. Il demande aux autorités de le soutenir afin que la commune puisse être parmi les zones de culture de tubercules par excellence ! Ainsi, elle contribuera à atteindre les objectifs pour l’autosuffisance alimentaire !
Tout est parti de sa collaboration avec un ressortissant de Sikasso. D’après lui, c’est lui qui lui a montré le chemin.
<< Ça fait plus de 20 ans maintenant que je suis là dans. Je cultive la pomme de terre pendant la contre saison. C’est rapide et facile à vendre >>, nous explique Boulkassim Mariko. Dans la journée du 5 mars dernier, nous l’avons rencontré dans son champ, il faisait sa première récolte de cette contre saison sur les terres aménagées de l’OPIB, destinées à la riziculture. Sur place, des femmes font le tri et les hommes procèdent à la mise en sac.
Comment on cultive ce tubercule ?
<< Il y a deux façons de semer la pomme de terre, en pion comme pour les arachides et en planche comme on fait avec l’oignon. La partie sous terre ne doit aucunement rentrée en contact avec l’air sinon la tubercule aura des tâches vertes. Ce qui les rendent amers>>, a-t-il conseillé.
À en croire Boulkassim Mariko, il achète les semences depuis Sikasso. Une fois arrivés à Baguinéda, ils les coupent en morceau avec un nouveau couteau pour empêcher que les semences soient infectées.
<< On aménage un espace protégé avec du sable et on met les morceaux et on les arrose. Au bout d’un mois, il y aura des petits plans, la semence. C’est ce qu’on enlève pour repiquer dans les poquets. Son cycle fait deux mois et 10 jours, de la prégermination à la récolte>>, a-t-il indiqué.
Aux dires de Boulkassim, après la récolte les tubercules sont triés par catégorie (gros, moyens et petit) et sont mis dans les sacs de 100kg avant d’aller les peser.
<< On peut vendre un sacs entre 15 000FCFA et 20 000FCFA. C’est le prix des semences qui est très élevé>>, s’est-il plaint.
Son souhait, c’est de faire les semences sur place afin de permettre aux agriculteurs qui désirent se lancer dans la production de la pompe de terre à Baguinéda de s’en en procurer facilement.
<< La terre est très propice à la culture de la pomme de terre. Il suffit juste d’encourager les paysans à essayer cette culture que l’on croyait propre à la région de Sikasso. Les responsables de l’OPIB sont interpellés pour faire de Baguineda, une zone de culture de pomme de terre par excellence>>, a-t-il lancé.
<< C’est une culture qui permet au paysan de faire beaucoup de profits en si peu de temps>>, a-t-il insisté.
Il demande aux autorités de l’aider dans l’acquisition des semences, et à avoir un lieu de stockage qui lui permettra de mieux conserver après la récolte. Avec la conservation, il estime que l’on peut avoir la pomme de terre à moindre coût sur une longue période. Ça leur permet également de faire plus de profits et garantir l’autosuffisance alimentaire dans ce domaine.
<< Le kilo en gros est cédé entre 255 FCFA à 300FCFA et un sac pèse environ 70 à 80kg. C’est le commerçant qui gagne beaucoup, car il peut vendre le kilogramme jusqu’à 600 FCFA>>, a-t-il déploré.
Au directeur de l’OPIB, il lui demande de mettre dans leurs cordes, la culture des tubercules pendant la contre saison.
<< Pendant la saison nous cultivons le riz et si nous pouvons nous habituer à la culture des tubercules pendant la contre saison, ça sera une très bonne chose pour les paysans et les consommateurs. L’un n’empêche pas l’autre>>, a-t-il laissé entendre. Avant de nous souligner qu’à ses débuts, il bénéficiait de l’aide, et de l’assistance de l’OPIB. << Maintenant les agents viennent se renseigner seulement. On pense que ce n’est pas une culture d’ici, et ça me pose beaucoup de difficultés. J’ai vraiment besoin d’accompagnement>>, a-t-il insisté.
Même les experts affirment qu’il n’y a pas de miracle pour produire la pomme de terre de qualité. « Tout dépend du mode de production et de l’utilisation des engrais », a affirmé Pr. Abdoulaye Sidibé, un chercheur. Même s’il reconnaît que la culture de la pomme de terre n’est pas sans problème. D’après lui, elle est souvent confrontée aux attaques des chenilles, d’insectes ou de champignons, avec des dégâts importants sur les feuilles et les tubercules.
« La culture de la pomme de terre obéit à des techniques pour un bon rendement. Pour avoir une bonne qualité de pomme de terre, il faut bien choisir le sol, bien l’aménager et bien choisir les semences>>, a-t-il déclaré.
Donc c’est bien possible de cultiver sur les terres de l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB). Des terres que l’on croit aménagées pour la riziculture et les légumes seulement. Des tubercules y poussent abondamment ! Les paysans doivent s’y mettre !
Moussa Sékou Diaby





