Plus de 90% de confession musulmane, berceau des grandes civilisations et des valeurs ancestrales avec le cousinage à plaisanterie, l’hospitalité légendaire qu’on revendique avec véhémence et fierté à travers le monde. Au-delà de cette image de marque du pays de Sounadiata KEITA (initiateur de la première constitution au Monde), se camoufle hélas, une image peu reluisante qui laisse apparaître un paradoxe aigu.
Ici, on n’y dénombre plus de Maisons de cultes que de Dispensaires et de Centres de formations professionnelles.Le nombre de prêcheurs rivalise avec celui de fidèles. Impossible de faire la différence entre certains et les opérateurs économiques, des influenceurs sur la toile et même des humoristes professionnels parfois même avec des thérapeutes. Ici, nous avons une vision différente du patriotisme. Chez nous, le patriotisme c’est investir le boulevard pour tenter d’accéder au pouvoir par raccourci. Mieux, le patriotisme, c’est aussi l’agression physique de la première institution malgré ses 70 années révolues (pratiques qui vont aux antipodes de valeurs sociétales). Cela, avec une nouvelle horde d’informateurs différents de journalistes classiques. Ceux –ci sont tellement forts qu’ils n’ont pas de temps pour le recoupement de l’info . Ils ‘’tirent ’dans tous les sens. Dieu merci, nous avons désormais un pôle de lutte contre la cybercriminalité, qui fait œuvre de salubrité utile..
Le patriotisme c’est aussi profiter de la misère de ses concitoyens pour créer de la spéculation .Toutes les occasions sont bonnes pour se taper des sous. A titre d’illustration les prix des denrées de premières nécessités prennent l’ascenseur pendant le mois saint de Ramadan et la Tabaski le prix du bélier rivalise avec celui d’un taureau . Vis- versa pour la fête de la. Saint-Sylvestre avec le prix d’un coq.
La couche juvénile frappée de plein fouet par le spectre du chômage dans une grande majorité, s’adonne à toutes sortes de dérives (toxicomanie, proxénétisme…) En cette période de pénurie d’essence, certains en profitent pour se faire une fortune, malgré les mesures prises par les autorités et la situation de détresse généralisée. D’autres aussi, sont dans des agendas macabres se confinant dans le rôle peu honorable de porte-parole des forces obscurantistes. Euh Dieu !
Où est notre attachement à notre pays ?
Sommes-nous de simples pratiquants ou des fidèles croyants ?
Peut-on rentrer dans le paradis sans mourir ?
« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous , mais demandez -vous ce que vous pouvez faire pour votre pays », a dit John KENNEDY. Nous avons certes des Droits, nous avons aussi des Devoirs. D’autres soutiennent que c’est une crise de citoyenneté consécutive au faible ancrage de notre système démocratique. En tout état de cause, il est indéniable que nous vivons de plein pied dans une crise de société terrible. Le mal est si profond et complexe qu’il urge de changer le protocole du traitement de la pathologie.
Baba Bourahima Cissé





