Le Mali a accueilli la première édition du forum sur le développement de l’Agriculture dans les pays de l’Alliance des États du Sahel du 18 au 20 septembre dernier.

L’objectif visé par ce forum est de faire de l’agriculture un véritable levier de souveraineté, de croissance et de résilience dans l’espace sahélien.

trois thématiques étaient au cœur des préoccupations à travers des groupes. À savoir : l’harmonisation des politiques agricoles, les investissements communs, ainsi que la recherche et la formation.

Un rendez-vous qui a vu la participation des experts, des responsables agricoles, des techniciens et d’autres acteurs clés du secteur agricole du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Selon les organisateurs, il s’agissait pour les experts des trois pays d’identifier les synergies à développer dans le secteur agricole afin de parvenir à une vision partagée de son développement, favorable à la transformation durable des systèmes agricoles au sein de l’espace de l’AES.

Trois jours durant, ils ont jeté ensemble les bases d’un modèle agricole résilient et souverain, à l’échelle confédérale. À noter que les chefs d’États de l’AES accordent une importance particulière à cette réunion qui, selon le ministre malien de l’agriculture, pose le jalon d’une politique agricole commune.

<< la souveraineté alimentaire ne pourra être atteinte sans une véritable action entre les pays, sans la mise en commun des ressources, sans une responsabilisation accrue des producteurs de la profession agricole. Pour relever ces défis, ce forum permettra d’entamer des réflexions appropriées sur les préoccupations stratégiques communes aux trois États en vue d’assurer le développement de son agriculture… Il s’agit donc de poser les bases d’une souveraineté alimentaire réelle qui ne soit pas seulement un idéal mais une réalité tangible pour chaque famille, chaque communauté et chaque Etats de l’espace AES >> a déclaré Daniel Siméon Kelema, ministre malien de l’Agriculture lors de l’ouverture des travaux dudit forum.

À en croire le ministre Kéléma, il était question de définir ensemble une vision partagée du développement agricole et de mettre en œuvre une politique agricole commune, de concevoir et réaliser des aménagements hydroagricoles intégrés et durables, de promouvoir les filières stratégiques agricoles, pastorales, halieutiques et aquacoles afin de garantir des revenus décents.

Pour cela, dit-il, il va falloir mobiliser des investissements publics et privés et des financements innovants en s’appuyant sur des mesures incitatives.

<< Cette Alliance des États du Sahel, née dans un contexte sécuritaire commune, va au delà d’une simple coopération militaire, elle inclut des aspects économiques, sociaux et politiques en réponse au défi sécuritaireet le développement commun de nos pays >>, a rappelé le Colonel Elhadj Ousmane, ministre de l’agriculture du Niger.

En effet, l’espace AES dispose de ressources considérables, notamment des terres fertiles, des cours d’eau, d’importantes sources d’énergie, et constitue l’un des plus grands réservoirs de ressources minières au monde. Ce qui fait dire au premier ministre Malien, le général de division Abdoulaye Maïga qui a pris par à la cérémonie de clôture de cette réunion que ce forum représente une occasion précieuse de synchroniser les priorités nationales et confédérales avec les réformes structurelles et les actions intégrées nécessaires au développement de l’agriculture, pilier central de la souveraineté alimentaire, politique, économique et sociale.

Par ailleurs, le chef du gouvernement malien a invité les acteurs à la mise en lumière des recommandations issues de leurs travaux sur l’opérationnalisation du pilier développement.

Au compte du deuxième jour des travaux, une visite de terrain a conduit la délégation du forum dans le périmètre Irrigué de Baguinéda, à une trentaine de kilomètres de la capitale. Sur place, elle a visité quelques parcelles de riz. La campagne rizicole promet dans cette localité, selon les experts.

Depuis sa création, l’AES affiche une ambition claire : construire un espace intégré, fondé sur la solidarité, la mise en commun des ressources et la capacité à répondre ensemble aux défis majeurs, notamment ceux liés à la sécurité, à l’environnement, à la sécurité alimentaire, au développement socio-économique et culturel etc.

Le lancement de l’Alliance des Producteurs de Semences Agricoles du Sahel (APSA‑Sahel) il y a quelques mois, pour harmoniser la production et la commercialisation des semences entre les trois pays de l’AES, en est une parfaite illustration.

Moussa Sékou Diaby