Les relations entre le Mali et l’Algérie se sont à nouveau tendues à la suite de la sortie du ministre algérien des Affaires Étrangères, Ahmed Attaf, dénonçant la stratégie malienne de lutte contre le terrorisme. Une sortie à laquelle, les autorités maliennes n’ont pas tardé à répondre qualifiant Alger de « complice » des groupes terroristes.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a récemment fait une sortie dans laquelle il dit que son pays rejete la solution militaire préconisée par les autorités maliennes dans la lutte contre le terrorisme et dit opter pour une solution politique. Il dit aussi rejeter l’appellation de « bandes terroristes » employée par les autorités pour selon lui désigner les groupes armés signataires de l’accord de paix. Un accord dissout par Bamako depuis 1 an.
Une sortie à laquelle le ministère des affaires étrangères du Mali a réagi en dénonçant « l’ingérence » et « la complicité » algérienne avec les groupes terroristes et en mettant une fois de plus en évidence la sympathie manifeste de certains cadres algériens à l’égard des groupes terroristes opérant au Mali et au Sahel.
Le désuet accord de paix, la racine du problème
La première grande brouille entre les deux pays est intervenue en Décembre 2023 lorsqu’à Bamako, l’Ambassadeur algérien a été convoqué pour protester contre « les actes inamicaux posés par les autorités algériennes, sous le couvert du processus de paix ».
Bamako reprochait à Alger d’avoir tenu une réunion avec les mouvements signataires de l’accord de paix autour de la mise en oeuvre de cet accord sans y associer les autorités maliennes.En réponse, l’Algérie avait aussi convoqué l’ambassadeur malien à Alger.
Les Ambassadeurs des deux pays qui avaient été rappelés ont finalement repris service en début janvier 2024 soit trois semaines avant que les autorités de la transition maliennes annoncent la fin avec “effet immédiat” de l’accord de paix signé en 2015 à Alger. Un accord quiaisait de l’Algérie l’arbitre entre les autorités et les groupes armés signataires.
En début Septembre 2024, Amar Bendjama, représentant algérien auprès de l’ONU se plaignait des frappes de drones de l’armée malienne à la frontière algérienne et Bamako de répondre qu’il visait des cibles terroristes et a affirmé avoir neutralisé une vingtaine.
À la fin de ce même mois de Septembre, à la tribune des Nations Unies, l’actuel premier ministre, alors ministre de l’administration territorial accusait l’Algérie d’offrir le gîte et le couvert à des terroristes ce qui selon lui ne contribuait guère aux relation de bons voisinages entre deux pays qui partagent plus de 1400 Km de frontière.
Cette nouvelle escalade dans les relations Maliano-algérien sonne donc comme un rengaine avec pour corollaire, deux États qui n’usent plus du langage diplomatique pour se tutoyer.
Mohamed Dagnoko





