Le gouvernement de la transition après avoir suspendu les activités de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali le 28 février dernier vient d’annoncer sa dissolution le 13 Mars dernier. Si cette mesure a été beaucoup saluée, les anciens de cette association réunis au sein d’un cercle viennent de rejeter cette dissolution et appellent les cadets à contester cette décision devant le tribunal administratif.Entre appréciation et rejet, l’AEEM n’a pas encore fini de faire parler d’elle.
Aboubacar Camara qui vient de terminer son mandat à la tête du bureau AEEM de l’École Normale Supérieure le 12 février dernier n’est pas du tout content de cette mesure. Bien qu’il soit dans le camp rival de Siriman Niaré, secrétaire général de l’AEEM au moment de sa dissolution, il s’oppose fortement à cette décision. « L’AEEM c’est beaucoup de choses. En plus de défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants, c’est un mouvement qui a contribué à l’avènement de la démocratie dans ce pays. Il ne faudrait pas l’oublier et jeter le bébé avec l’eau de bain » dit-il amère.
Hawa Traoré étudiante en licence à la faculté de droit privée est en phase avec Aboubacar Camara. Elle affirme avoir bénéficié du soutien et de l’accompagnement de cette organisation à ses débuts et même encore aujourd’hui. « Si cette association disparait nous seront à la merci de l’administration et des professeurs. Il faut donc un contre-pouvoir, c’est en cela que cette organisation est utile et ne mérite pas le sort qui lui est infligé par les autorités de la transition » dit Hawa Traoré.
À contre-courant de Aboubacar et Hawa, Fatoumata Traoré, elle aussi étudiante, salue cette décision des autorités. « Cette association a dévié de sa vocation depuis bien longtemps. Les étudiants pour lesquels elle a été créée en étaient les premières victimes. Pour toucher sa bourse il fallait souvent payer de l’argent aux membres de cette association sans compter les violences en milieux scolaires qui avaient fini par ternir l’image de cette association » dit-elle pour justifier sa posture.
Dissoudre et ensuite reformer. C’est la solution que propose le journaliste, Tidiane Bamadio. Il faut adopter des textes qui feront en sorte que cette organisation soit désormais gérée par les étudiants avec de bonnes moyennes académiques, procéder à des fouilles régulières des campus et limiter l’âge de militantisme à 24 ans. Ce sont entre autres solutions qui doivent selon lui être prises pour que cette organisation de grande utilité puisse réellement servir la cause des étudiants et élèves du Mali.
Réunis en atelier en début de week-end dernier, les anciens de l’AEEM ont rejeté cette mesure et appelé les cadets à attaquer cette décision en justice. « Nous allons les accompagner dans cette démarche » a dit Taméga, le chargé à la communication du cercle des anciens de l’AEEM.
Selon Aboubacar Camara dit Cobra, ancien secrétaire général de l’AEEM et vice-président du cercle des anciens, des travaux sont en cours sur l’avenir de l’AEEM et les recommandations seront rendues publiques dans les jours à venir.
Pour les camarades de Siriman Niaré, secrétaire général en prison, leurs avocats leur ont conseillé de ne pas donner d’interviews pour le moment. Donc, motus bouche cousue.
Mohamed DAGNOKO





