Au Mali, elles sont plus d’une cinquantaine de jeunes filles, qui avaient abandonné les bancs par contraintes liées aux problèmes sociaux et familiaux, à obtenir une seconde chance avec la mise en œuvre du programme Break free par FAWE-Mali et ses partenaires.

L’information a été livrée aux journalistes et différents acteurs du projet au cours d’un partage d’expériences tenu ce vendredi 29 août au siège de l’organisation sise à Kalaban-Coura.

<< Nous avons travaillé à faire retourner 50 filles à l’école. Sur les 50 filles, 15 à Nièna et 3 à Koutiala ont pu passer au Diplôme d’Etude Fondamentale (DEF) >>, a déclaré Siaka Coulibaly, chargé de communication de FAWE-Mali durant son exposé sur les acquis du programme depuis sa première année. Pour rappel, ces filles avaient décroché l’école à cause des contraintes sociales et grâce à FAWE-Mali, elles ont pu réaliser une partie de leurs rêves.

En effet, cette rencontre a réuni les bénéficiaires, les influenceurs, les journalistes et les ONGs partenaires de FAWE-Mali afin de partager les résultats atteints et voir ce qu’il faut faire pour l’avenir.

Selon le chargé de communication, FAWE-Mali en consortium avec plan international Mali a mis en œuvre le programme Break Free depuis début 2021. Depuis cette date jusqu’à maintenant, ils ont tenu des activités avec les adolescents exposés aux risques du travail des enfants et de grosses précoces. En outre, ils ont fait en sorte que ces adolescents aient accès à une éducation de qualité sûr. Pour cela, un réseau inclusif a été mis en place constitué de jeunes, des personnes influentes de la société, des membres de  recotrade et des chefs de villages à Bamako et dans les zones d’intervention.

À ses dires, ce processus a permis de faire un renforcement de capacités de ces jeunes afin qu’ils puissent s’approprier des concepts du projet afin de faciliter la communication au niveau des différentes communautés.

Sans oublier une étude de cartographie et d’analyse des lois et politiques sur l’éducation des filles et le mariage des enfants au Mali et dans l’Union Africaine qui a été menée pour orienter leurs actions.

Des actions qui ont touché plus de 50 millions de personnes sur les réseaux sociaux. Ils ont fait également à peu près 30 séances de plaidoyer portés par des jeunes à l’endroit des ministres, des membres du conseil national de la transition et des gouvernorats de Bougouni, Sikasso, Kita, Koulikoro San, Dioïla, Ségou. Sans oublier les cercles de Nièna, Yanfolila, Koutiala.

En plus de ces acquis, ils ont fait des plaidoyers au niveau des décideurs afin de prendre à bras le corps les questions liées aux mariages d’enfants, aux grossesses précoces et au maintien des filles à l’école. Beaucoup d’autres résultats sont à l’actif de FAWE-Mali.

D’après Siaka Coulibaly, les résultats seront partagés afin de permettre à ceux qui n’ont pas bénéficié du projet, de s’en inspirer.

Malgré ces prouesses, des défis ont été surmontés dans la mise en œuvre du projet. Parmi les difficultés rencontrées, il note la réticence et le refus de quelques personnes lors des séances de sensibilisation. Des personnes qui ont fini par comprendre et accepter les conseils sur les danger liés aux mariages précoces et à l’analphabétisation des filles. Autres difficultés rencontrées sur le terrain est le difficile accès aux autorités au niveau des localités sous hautes surveillances sécuritaires, selon toujours le chargé de communication.

Le représentant du maire de la commune V, après avoir souhaité la bienvenue, a remercié FAWE-Mali pour son engagement en faveur de l’éducation et la protection des jeunes surtout filles au Mali. << Ce n’est pas une première fois. Sur l’éducation des filles au Mali, surtout en terme de sexualité, FAWE est en train de faire pas mal de choses. Au nom du maire, soyez en remercier ! >>. A-t-il dit.

Aux dires de la Coordinatrice nationale FAWE-Mali, Naparé Magninè Diarra, le projet Break Free est mis en œuvre dans neuf pays à travers l’Afrique. Il s’agit de l’Éthiopie, du Kenya, du Soudan, de la Zambie, du Malawi, de la Mozambique, du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Avec comme objectif : garantir le droit à la santé de la reproduction et faire la promotion de l’égalité et l’équité des sexes. À en croire la coordinatrice, cinq ans durant ils ont formé des jeunes filles qui sont devenues des leaders. Des jeunes filles qui ont compris que l’éducation joue un rôle central dans leur vie. Des jeunes filles qui ont compris qu’elles ont leur partition dans le développement de leurs familles et dans la société. Elle s’estime heureuse de constater que ce programme a permis à FAWE-Mali d’améliorer son ancrage politique et social.

<< En cinq ans nous avons fait beaucoup d’activités et nous avons touché beaucoup de personnes. Les jeunes, les mamans, les papas, les autorités, les légitimités traditionnelles. L’objectif même du projet c’est de donner la parole aux jeunes pour qu’ils puissent s’exprimer et faire entendre leurs voix pour la promotion du droit à la santé sexuelle et reproductive ainsi que le droit éducatif des enfants >>, a-t-elle laissé entendre.

Pour rappel, avec une durée de cinq ans, le programme a démarré en janvier 2021 et prendra fin en décembre 2025, dans quatre mois. Il est financé par le Royaume des Pays Bas à plus de 955 millions de Fcfa.

Des témoignages poignants 

<< Break Free est l’un des rares projets qui implique les jeunes depuis le début. À travers ce programme j’ai pu accéder à des zones qui m’étaient pas accessible. Ça m’a ouvert des portes. Grâce à ce projet j’ai grandi en leadership féminin. J’ai un carnet bien garni aujourd’hui grâce à Break Free. Je remercie FAWE-MALI et ses partenaires de mise en œuvre pour la confiance accordée à nous les jeunes>> a indiqué Kia Sissoko, activiste, bénéficiaire du projet.

<< J’avoue que ça été une belle expérience pour moi. Puisque toutes les décisions, toutes les politiques qui sont mises en œuvre pour la promotion des droits de femmes et des jeunes filles sont des programmes que j’accompagne depuis très longtemps avec beaucoup d’autres ONGs. Et avoir l’occasion de travailler avec la FAWE, sur cette question est une fierté. Sur le terrain, j’ai puis voir des changements que ce projet a apporté dans la vie de nombreux jeunes filles. Il a eu un impact considérable sur la vie des bénéficiaires, la preuve, la jeune fille qui a commencé en bas et qui se trouve aujourd’hui dans le conseil d’administration. En tant que journaliste, j’ai été sur le terrain, j’ai pu voir et entendre des témoignages. Ce que les bénéficiaires et les autorités disent, c’est que FAWE a été d’un grand apport et aujourd’hui s’il y a un souhait de tous ces jeunes, c’est que le projet puisse continuer à améliorer la vie de nombreuses autres filles >> a affirmé Mohamed Dagnoko, journaliste

Pourquoi se focaliser seulement sur les filles ?

Chaka Coulibaly explique : “Break Free”, comme son nom l’indique : “libérer les filles“, a comme objectif principal d’accompagner les filles, même si l’accent est mis sur les garçons au niveau de la sensibilisation.

À ses dires, les accompagnements au niveau des écoles c’était les filles parce que le projet travaille sur l’autonomisation des filles. Il estime qu’au Mali, ce sont des filles qui sont confrontées à plus de défis au niveau de l’éducation par rapport au garçon, surtout en milieu communautaire.

<< Les filles ont plus de poids dans le domaine éducatif que les garçons c’est pourquoi on a vraiment travaillé sur ça, c’est l’objectif même du projet qui demande de travailler pour libérer les filles >>, a-t-il fait savoir.

Les bénéficiaires témoignent 

Ce projet a permis de donner une seconde chance à beaucoup de jeunes filles qui ont été contraintes d’abandonner l’école pour des raisons multiples ( socio-familiales).

<< Ce projet m’a permis de retourner à l’école. J’ai été renvoyée lorsque j’étais en classe de 8ème année. Dieu merci, j’ai eu le DEF et je suis étudiante en agro-pastorale >>, témoignage une fille dans une vidéo sur les acquis du projet.

<< J’étais en classe de 9ème année lorsqu’une grossesse m’a empêché de poursuivre mes études fondamentales. Grâce à ce projet et au soutien de mon mari, j’ai repris l’école. Dieu merci j’ai eu mon DEF cette année >>, témoignage d’une autre bénéficiaire du projet qui fait la fierté de son mari et de sa communauté.

Moussa Sékou Diaby