Arrivée de fidèles musulmans

Contrairement à beaucoup de pays de la sous-région, le Mali est avec le Niger les pays qui ont célébré ce jour la fête de l’Eid El fitr. Occasion de prières et de bénédictions pour un Mali en paix et réconcilié.

Il est 08 heures, les hauts parleurs de la grande mosquée de Bamako crachent les belles mélodies de la lecture du Saint Coran. Les fidèles, vêtus de leurs plus beaux atours, accourent pour la prière de l’Eid El fitr. Vieux, jeunes et enfants, chacun affiche bonne mine.

Dans ce ballet d’arrivées, une arrivée sort du lot. C’est celle du patriarche des familles Niaré. L’une des familles fondatrices de Bamako.  C’est au son des Tamans et des tam-tams que son arrivée est annoncée. Aux côtés des batteurs, des femmes esquissent des pas de danses énergiques.

« C’est comme ça. C’est la tradition. Il s’agit de l’arrivée d’un Roi. Cela ne peut pas être comme n’importe quelle arrivée. C’est pourquoi, depuis toujours, cette tradition d’escorter le chef des familles fondatrices par le son des tam-tams et des danses existe » nous éclaire Djéliman Bakary Soumano, chef des griots de la commune I.

Dans la cour de la mosquée, en cette matinée quelque peu ensoleillée, les fidèles forment des rangées sous les nombreux arbres. Enfants et adultes se confondent dans un parfait mélange de couleurs et de bruits.

À l’intérieur, le muezzin, par moment, appel à faire moins de bruits. Les chapelets rivalisent de longueurs. Chacun égrène le sien et demande au bon Dieu de l’aider à trouver solution à ses problèmes, ceux de sa famille et du pays.

 « Nous souhaitons que chaque année nous retrouvons pour fêter. Au-delà, nous souhaitons que ceux qui nous dirigent parlent d’une seule voix, qu’ils aient la même vision et enfin que Dieu veille sur eux et nous pour un Mali en paix et réconcilié » prie le vieux Mamadou Traoré, retraité habitant à Bagadadji.

Pour l’ancien maire de la commune II, Cheick Abba Niaré, membre de l’une des familles fondatrices, il faut certes faire des prières et des bénédictions mais il faut surtout dans les actes œuvrer à mettre fin à cette crise qui n’a que trop durer. Ainsi, il demande aux maliens de se mettre au travail et de faire face aux ennemis connus que sont le terrorisme et le banditisme.

C’est le cœur léger, le pas pressé que les fidèles ont quitté la mosquée pour continuer le reste des festivités en famille et profiter d’une première journée où ils pourront boire et manger à satiété après 29 jours d’abstinence.

Mohamed DAGNOKO