Le festival international Didadi de Bougouni, c’est aussi un espace qui contribue à la promotion des artistes évoluant dans “underground”, des artistes peu connus. Ils sont le plus souvent des artistes locaux qui ont de l’expérience mais qui n’ont pas eu la chance de se produire sur de grandes scènes, ainsi que des artistes en herbe, des jeunes artistes débutants.
Ils se produisent généralement lors du concert de la première nuit du festival.
Ce jeudi 20 février, N’polon Seydou, un vieux artiste expérimenté a renoué contact avec son public. Natif de la région, ce vieux a passé son temps à promouvoir le N’polon, un instrument local en voie de disparition. Il y avait également des jeunes artistes comme Boots (Nahawa Deni), Ami Koné, Lolo. Des jeunes artistes qui ont fait découvrir leurs talents au public de Banimonotié.
Selon les organisateurs du festival, pour qu’un artiste en herbe puisse jouer pendant le festival, ils doivent postuler à un appel à candidature lancé par eux pour être sélectionné après avoir répondu aux critères.
Des petits couacs avant le spectacle
Avec les artistes de Underground, des petits couacs arrivent très souvent sur scène. Des couacs dus à l’amateurisme qu’ils doivent corriger pour éviter ces erreurs une fois sur les grandes scènes. Le fait de ne pas faire la balance avant de se produire. C’est ce qui est arrivé à plusieurs jeunes artistes dont Charles Niaré, un artiste local très aimé par son public à travers ses démonstrations de forces.
<< 11, retour 5 ! 10, retour 4 !>>, l’échange qui a duré pendant plus d’une trentaine de minutes entre la technique et le podium occupé par les instrumentistes de l’artiste Charles Niaré devant un public impatient.
La cause : Ils n’ont pas fait la balance. C’est aux environs de 1h 03 minutes que Charles fait son entrée sur scène. Tout est enfin rentré dans l’ordre.
Il s’adresse à son public découragé : << Comment ça va Bougouni ? On vous présente nos excuses. On s’est dit qu’une fois sur scène on va tester les choses. La faute n’est pas de nous, ni celle des organisateurs, ni celle de la partie technique. C’est comme ça !>>, affirme Charle Niaré avant de prester avec son titre dédié à sa maman. Chanson qui a émerveillé le public. Le public retrouve son sourire ! C’est ce qui fait aussi souvent la beauté de la musique. C’est de l’art !
Après il enchaîne avec le titre “Le destin”, une chanson qui est à l’origine de son succès, selon lui. Il enflamme le public. Il a terminé son show à 1h 42mn avec un titre dédié à Bougouni. Les fans ne voulaient pas qu’il arrête ! Un vrai régal !
Après ce fut le tour du Prince du Wassoulou, qui, avant le show, a interpellé les autorités et la population sur la coupe abusive du bois dans la localité. Un constat qu’il a fait sur le chemin en partant à Bougouni. Selon l’artiste, entre Bamako et Bougouni, il a croisé plusieurs véhicules de transport chargés des sacs de charbon de bois. .
Après son titre Solo nana, l’artiste a chanté un titre spécial invitant les populations à la protection des forêts. Dans cette chanson, il dénonce l’exploitation abusive des arbres forestiers. << BK, en venant Bougouni en provenance de Bamako, j’ai constaté quelque chose qui m’a fait perdre des gouttes de larmes. J’ai compté des véhicules chargés de charbon de bois à perte de vue. On sent également la déforestation sur cette route alors qu’au Mali, la verdure était citée en exemple à Bougouni et à Sikasso >>, a-t-il interpellé.
Avant, il y a eu une remise d’attestation de reconnaissance dédiée à Seydou Coulibaly, promoteur dudit festival par l’association yerai daimai ton de Bougouni.
Moussa Sékou Diaby




