Depuis le 26 mars dernier, des partis politiques et certaines organisations de la société civile sont vent debout pour demander aux autorités d’organiser les élections. Et pour cause, le délai fixant la transition à deux ans a expiré à cette date.
Passé le temps des communiqués individuels, ils ont décidé de se mettre ensemble. Le dimanche 31 mars, ils étaient une vingtaine de partis et d’organisations de la société civile à se retrouver au siège de l’ADEMA-Pasj pour signer un communiqué conjoint pour signifier aux autorités la fin de la période transitoire, la nécessité d’organiser un dialogue avec les acteurs pour enfin convenir d’un chronogramme.
Du 26 Mars à cette date, il n’y a pas eu de réponses officielles. Le ministère de l’administration territoriale prompt à réagir et a convié les partis politiques et curieusement resté aphones.
Un début de réponse viendra de chez le premier ministre, Choguel Kokalla Maïga.
Alors qu’il recevait la Coalition des Forces Patriotiques (COFOP), un regroupement de partis et d’organisations de la société civile venue réitérer la position des partis par rapport à la transition, il leur dira que l’article 190 de la nouvelle constitution, promulguée en juillet 2023 stipule que la transition prend fin par la prise de fonction du nouveau président.
A son assistance, le premier ministre dira que les autorités sont aussi en phase avec la charte de la transition. À ses dires, la charte de la transition révisée le 25 février 2022, en son article 22 souligne que la durée de la transition est fixée conformément aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR). Lesquelles assises ont selon lui proposé une durée allant de 06 mois à 05 ans.
Pour finir, il dira que le décret pris le 06 juin 2022 et qui est brandi comme l’acte de mort de la transition est caduc.
« Le décret dont on parle, c’est un décret qui a été signé dans le cadre des discussions avec la CEDEAO. Mais nous sommes sortis de la CEDEAO. Tout ce qui est convenu avec la CEDEAO est nul et non avenu au Mali ».
Loin d’être convaincus par ces explications du premier ministre, les jeunes des partis et organisations signataires du communiqué conjoint du 31 mars se sont retrouvés ce dimanche au siège de l’ADEMA pour apporter leur soutien aux présidents de leurs partis et organisations.
À leur tour, ils ont demandé aux autorités de « respecter la parole donnée » en mettant fin à cette transition par l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes auxquelles elles ne prendront pas part.
Si la position du premier ministre et celle défendue par les autorités, il faut croire que même le dialogue demandé par les partis comme préalable aux élections aura une fin de non-recevoir.
Mohamed DAGNOKO





