Le Dimanche 31 Mars dernier, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont fait un communiqué conjoint pour demander aux autorités de la transition malienne d’organiser les élections notamment la présidentielle car le 26 Mars consacrait la fin de la transition conformément au décret pris par les autorités elles-mêmes. Plus d’une semaine après, qu’elle est la situation dans le pays ?
Mahamadou Konaté, président du M5 RFP-Malikura, il est celui qui a lu le communiqué conjoint demandant l’organisation des élections. Face à l’argument selon laquelle la transition n’est pas liée à un décret mais plutôt à la charte de la transition qui estime que la transition prend fin avec l’organisation de la présidentielle, lui, le Docteur en Droit public à ses contre arguments.
« Pour mettre fin aux débats, aux supputations et à un risque de contestation à l’intérieur mais aussi des sanctions à l’extérieur, le président a décidé le 06 Juin 2022 par décret présidentiel de fixer le délai de la transition à 02 ans à partir du 26 Mars 2022 pour prendre fin le 26 Mars 2024. Donc ce décret qui a été pris, il ne doit pas être interprété dans le contexte général de la hiérarchie des normes, il faut plutôt regarder le contexte de l’objet. Ici, il a pour objet de compléter la charte parce que la charte n’a pas donné de délais précis, elle a donné le choix à l’exécutif de prendre ce qui lui convient ».
Ce regroupement et cette sortie d’une vingtaine de partis politiques et d’organisations de la société civile doit pousser les autorités à organiser une concertation avec les acteurs afin de convenir d’un chronogramme et sortir de ce flou dit de « léger report ».
« À travers ce léger report, ça fait maintenant 06 mois que les autorités ne parlent et vous aussi étant partis politiques ne dites rien à part des communiqués. À partir du 26 Mars, ils se sont levés pour dire que c’était la fin de la transition et ont fait un communiqué conjoint. Nous disons qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Je trouve que ces différents partis et regroupements sont dans leur droit de revendiquer la tenue des élections où que les autorités les appellent pour leur dire quelque chose, s’entretenir et sortir quelque chose de potable » estime Mohamed Mamata Touré, président de l’Association An Ko Mali.
Au sein de la populations, les avis sont divergents quant à la nécessité d’organiser les élections compte tenu du contexte sécuritaire.
« C’est elles-mêmes qui sont sorties à la télé pour dire on a récupéré Kidal, on a récupéré notre base de données qui était prise en otage ce qui a d’ailleurs justifié le léger report par le ministre de l’administration territoriale. Donc aujourd’hui si toutes ces conditions sont réunies et qu’il y a d’autres aléas de quelque nature que ce soit, ce n’est pas à nous de le savoir c’est à eux de le juguler parce qu’ils se sont imposés aux maliens pour dire qu’ils peuvent le faire » dit Boureïma Soulo. Mody Gandega n’est pas de cet avis
« Vu le contexte, il serait mieux d’aller vers le dialogue. Et avec les recommandations de ce dialogue on peut fixer une date qui sera un temps donné à la transition pour bien préparer les élections et que ce ne soit pas des élections bâclées parce que ça peut nous conduire dans la situation actuelle encore ».
Si l’un des partis signataire a fait un communiqué pour se désolidariser, les autres ont vite fait de minimiser ce qu’ils considèrent comme une cuisine interne du parti en question et d’annoncer que le parti PARENA et les mouvements comme le MSP et MDR se sont ajoutés à la listes des signataires.
Mohamed Dagnoko





