Au Mali, on commence à s’inspirer des modèles européens et même marocains en ce qui concerne le football. Au-delà de la passion, il devient de plus en plus un moteur de développement économique avec la multiplication des centres de formations qui ont surtout vocation à proposer leurs joueurs aux plus grands clubs d’Europe et du continent. L’ossature des aigles du Mali est composée de joueurs qui sont passés par des centres de formations.
Au Mali comme un peu partout, le football c’est le sport ROI. Il draine du monde, cristallise les passions et soulève les foules. Mais depuis quelques années, cet aspect passion est en train d’être combiné à celui du business. Ce qui se matérialise par la multiplication des centres de formations.
« De plus en plus on voit la multiplication des centres. Plus ils forment, plus il y a de scouts qui détectent les joueurs et il y a des recruteurs qui se positionnent pour acquérir ces talents. Ce sont des talents qui sont souvent formés très jeunes. Et plus le joueurs est transféré, jusqu’à ses 23 ans, le club formateur gagne de l’argent » dit Drissa Niono, journaliste sportif à la radio Rempart.
Mais au-delà des gros chèques que peuvent empocher les clubs formateurs et les joueurs, cet aspect business du football permet de développer des infrastructures sportives avec de réelles politiques.
« C’est un projet de développement mais c’est assez budgétivore à un certain niveau c’est pour cela que dans beaucoup de pays ça s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé là, les infrastructures sportives ne se limitent pas seulement au sport, dans certaines infrastructures il y a des restaurants, des home-cinéma, des lieux de tourisme, des salles de conférences et de jeux, des choses qui n’ont pas de relations directs avec le sports mais qui permettent d’amortir les coûts et favoriser l’attractivité » indique Mohamed Soumaré, consultant sportif.
En alliant le football au business, le Mali et d’autres pays du continent tentent de refaire leur retard dans un domaine qui est développé depuis très longtemps ailleurs.
« L’industrie du sport ça s’inscrit dans la dynamique de ce qui se faisait ailleurs, il y a plus d’une cinquantaine d’années et aujourd’hui on le voit en Afrique. Et d’ailleurs pour étayer mes propos, le premier scandale du football a eu lieu en Italie en 1927, ce qui veut dire que beaucoup d’eau ont coulé sous le pont » affirme Mohamed Soumaré.
Le revers de la médaille ce sont ces nombreux jeunes qui se laissent manipuler par des agents et dont les rêves de devenir footballeurs professionnels se traduise en cauchemars.
Mohamed Dagnoko




