Du 23 au 25 Mai s’est tenu à Bamako la 24ème édition du Forum de Bamako. Une rencontre d’intellectuels et de chercheurs venus du monde entier pour aborder sans concession les problématiques de l’heure. Cette année, il s’est agi de voir ou revoir la culture sous toutes ses coutures et considérer son apport dans la quête de réconciliation, de paix et de développement.
Ils éteint une belle brochette d’intellectuels africains à répondre une fois de plus au rendez-vous du forum de Bamako sur les bords du fleuve Djoliba pour parler de culture et de son apport pour un monde et un continent africain en paix et réconcilié. À la leçon inaugurale du Pr Aliou Sall ont suivi plusieurs panels dont un modéré par Amadou Tidiane Wone qui, il y a 20 ans était ministre de la culture au Sénégal. Il nous livre sa vision de l’apport de la culture à la paix et au développement.
« Elle est essentielle la problématique de la culture pour une meilleure prise en charge de nos préoccupations sociales. Il faut d’abord se connaitre et se faire connaitre. Connaitre qui on est dans l’histoire, qui on est actuellement et vers quel monde nous souhaitons nous projeter. C’est un peu l’objectif de cette 24ème édition du forum de Bamako où plusieurs experts et plusieurs personnalités politiques se sont rassemblés pour d’abord dresser un diagnostic des malentendus culturels qui existent entre l’Afrique et le monde. Le monde décrit souvent l’Afrique mais sans la prise de parole des africains. Il est temps que les africains écrivent de plus en plus leur narratif et donne au monde la vision que le monde devrait avoir d’eux-mêmes et non la vision ou le regard que le monde porte sur lui »
C’est pour justement contribuer à changer ce narratif que l’ancien ministre des cultes du Mali, Thierno Ass Diallo propose qu’au Mali, la culture soit utilisée pour fédérer, stabiliser afin de contribuer au développement souhaité.
« Nous ne pouvons parler de la civilisation de l’universel comme l’a dit Senghor sans venir avec ce qui fait notre identité. Mais pour que cela soit, il faut d’abord que nous soyons dans l’esprit de la réconciliation, que notre culture nous fédère, nous stabilise. Crée un pays stable et fort sur une base culturelle féconde afin que ce Mali désormais débout comme dirait David Diop, cet arbre impétueux que tu vois là-bas débout splendidement seul, que ce Mali aille à la rencontre des autres nations » dit Thierno Ass Diallo.
Pour une vision plus globale, le Maroc à travers l’institut Mohammed VI pour la formation des imams forment plusieurs centaines d’imams venus de plusieurs pays du continent dans l’objectif de changer de narratif sur l’islam selon Abdelhak Bassou du think thank Policy center for the new South basé à Rabat.
« Former des imams, des mourchidats, des gens qui sont à la rencontre de la population, vous participer à former cette culture de la tolérance parce qu’aujourd’hui notre religion musulmane tout le monde nous met à l’index parce qu’il y a certains de nos frères qui se trompent donc on est tous mis dans le même panier ».
Professeur d’architecture dans des universités japonaise, le malien, Dr Oussouby Sacko dit s’être beaucoup inspiré du pays du soleil levant sur comment la culture peut aider les pays du continent à aller de l’avant.
« La culture est notre mot clé pour penser à soi-même et aussi pour harmoniser nos différences parce qu’on avait essayé d’uniformiser la culture c’est ça le problème. Il fallait qu’on soit tous sous une culture qu’on apprenne tous sous une culture. Mais je pense que maintenant on commence à comprendre que ce n’est pas comme ça, chacun reste dans sa culture et on essaye de se comprendre les uns, les autres » croit-il fermement.
Mettre en œuvre les recommandations de cette édition et revenir parler l’année prochaine de la crise énergétique, une problématique qui sans être à l’ordre du jour s’est invitée dans beaucoup de panels.
Mohamed Dagnoko





