Fondé en 2023 par Fiona Hill, le “Future Resilience Forum” (FRF) a tenu sa troisième édition du 20 au 21 octobre dernier à Londres. Il a réuni des dirigeants de gouvernements, de médias, d’universités et d’entreprises pour discuter des crises et des défis de sécurité mondiale dans un ” nouvel ordre mondial “.
C’est pourquoi l’édition 2025 du forum a mis en lumière des sujets tels que l’espace, la fabrication de drones, les opportunités d’investissement en Afrique, ainsi que l’impact de la diplomatie, des questions militaires et des évolutions technologiques sur les dynamiques géopolitiques et géoéconomiques.
Lors des discussions, le FRF a consacremé des panels à l’Afrique, un continent riche en ressources naturelles, mais confronté à des défis majeurs, notamment la menace posée par les groupes armés terroristes au Sahel. En avril prochain, la FRF lancera l’Édition Afrique à Rabat, au Maroc.
Dans son intervention, Fiona Hill, la fondatrice du Future Resilience Forum a souligné le potentiel du Moyen-Orient comme “tampon géopolitique entre l’Orient et l’Occident grâce à des investissements en Afrique, dans les technologies de l’Intelligence Artificielle et aux avancées dans les domaines spatial et quantique.
En effet, Hill est une ancienne conseillère de l’ancienne Première ministre britannique Theresa May. Elle est également l’ancienne cheffe de cabinet du “10 Downing Street”. Elle a fondé le FRF pour encourager les dirigeants à adopter une “nouvelle réflexion mondiale ” sur les enjeux qui façonneront le XXIe siècle.
<< Le FRF construit un réseau, il construit une famille pour se réunir afin d’analyser ce qu’est ce nouvel ordre mondial, quelles sont les régions, quels sont les secteurs qui seraient pertinents et qui doivent l’être dans les 50 prochaines années >>, a expliqué la fondatrice Fiona Hill à nos confrères de l’Arab News.
La participation malienne à cet important événement !
Parmi les invités, le Mali. Notre pays était représenté par Moussa AG Acharatoumane, membre du Conseil National de Transition.
En prenant la parole, notre compatriote a tenu à rappeler que le Sahel n’est pas seulement le terrorisme. Que c’est aussi l’avenir du monde, une région riche de jeunesse, de ressources et d’opportunités.
<< La sécurité mondiale se joue également dans cet espace charnière, situé à la croisée de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique. Le Sahel n’est pas seulement l’affaire du Mali ni de l’Alliance des États du Sahel (AES). C’est une responsabilité collective. Le terrorisme n’a pas d’avenir ici, tout comme il n’en a eu ni en Europe, ni au Moyen-Orient, ni ailleurs. Le monde doit aider le Sahel à éradiquer ce fléau, non par la peur, mais par la coopération et la valorisation de ses atouts >>, a-t-il insisté.
Fidèle à la vision du Président de la Transition, Son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, il a rappelé que les trois principes fondamentaux qui guident aujourd’hui la politique du Mali et de l’AES, qui sont : La souveraineté nationale, comme fondement de toute coopération équitable ; La diversification des partenariats, gage d’indépendance et de liberté stratégique ; La primauté de l’intérêt des populations, qui doit demeurer la boussole de toute décision politique ou économique.
<< Le Mali reste ouvert à tous les partenaires qui respectent ces principes. Le monde est le bienvenu sur notre terre, car nous sommes un peuple d’accueil et de dialogue >>, a-t-il indiqué.
Par ailleurs, Moussa AG Acharatoumane a également plaidé pour une coopération Sud-Sud plus forte, basée sur la solidarité, la complémentarité et la fin des rivalités inutiles.
<< L’Afrique doit croire en elle-même. Ce qui nous unit est bien plus grand que ce qui nous sépare, que ce soit au sein de la CEDEAO, du Maghreb ou d’ailleurs >>, a-t-il dit.
En outre, sur la question de la gouvernance, il a souligné la nécessité d’un modèle démocratique adapté aux réalités africaines, respectueux des identités, des traditions et des besoins de nos peuples. Et pour finir, il a lancé un appel à la communauté internationale.
<< Regardez le Sahel autrement. Ce n’est pas une zone de fragilité, mais un centre d’équilibre, d’opportunités et de renouveau pour le monde. Le Sahel est une région d’avenir et l’Afrique, un continent d’équilibre et de dignité. Ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique souveraine, solidaire et respecté >>, a-t-il laissé entendre.
Moussa Sékou Diaby




