Kwibuka, se souvenir. C’est sous ce signe que les Rwandais commémorent ce 30ème anniversaire du génocide perpétré en 1994 contre les Tutsis. Un génocide qui en 100 jours a fait plus d’un million de morts et plusieurs centaines de milliers d’orphelins, de veuves et de veufs.
Débuté le 07 avril par le dépôt de gerbes de fleurs au mémorial du génocide à Kigali par le président, Paul Kagamé. La commémoration va durer cent jours.
Cent jour pour se souvenir de cette atrocité, pour saluer les efforts du peuple rwandais à se mettre ensemble pour bâtir et enfin pour appeler les rwandais et la communauté internationale à œuvrer afin que cela n’arrive plus jamais au Rwanda et dans le monde.
Au centre International de Conférence de Bamako, où s’est tenue la commémoration à Bamako en présence de plusieurs ambassadeurs et de la communauté rwandaise, le représentant de la mission de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel dira que cette mobilisation, 30 ans après est le « fruit amer de l’indifférence face au massacre des Tutsis ».
Face à ces blessures qui selon lui sont encore vivantes et traumatisantes il faut « devenir des artisans engagés sincères de la lutte contre la haine, la vengeance en enfilant les lunettes de l’amour pour regarder l’autre avec amour ».
Après les hymnes nationaux du Mali et du Rwanda, l’allumage des bougies en souvenir des victimes et le visionnage de films sur le génocide, le ministre malien des Affaires Étrangères, Abdoulaye Diop, qui était d’ailleurs à Kigali le 07 Avril dernier avec une forte délégation malienne pour prendre part au lancement de la commémoration dira que le génocide doit servir de leçon à l’humanité.
L’inertie de la communauté internationale, l’abandon des Tutsis par des forces étrangères à leur triste sort, le silence coupable des pays du continent ont, selon le ministre Diop contribué à ce que le plus de millions de Tutsis soit « massacrés en plein jour ».
En saluant les efforts du président du Rwanda, Paul Kagamé qui a réussi avec d’autres à stopper le génocide et à mettre le Rwanda sur la voie du développement, l’Ambassadeur du Rwanda au Mali, Jean Pierre Karabaranga a eu une pensée pour les « survivants grâce à qui toutes ces réalisations sont possibles ». Il a salué leur sens du pardon et de la réconciliation qui permet de « bâtir ensemble ».
Si le souvenir est nécessaire pour ne pas commettre les erreurs du passé, il déplore cependant l’ampleur que commence à prendre le négationnisme alors que les Nations-Unies et l’Union Africaine ont reconnu qu’il y a eu en 1994, un génocide au Rwanda contre les Tutsis.
Si la France et la Belgique après avoir reconnu leurs responsabilités dans le génocide ont adopté des lois criminalisant le négationnisme, l’Ambassadeur exhorte les autres pays du monde à suivre cet exemple et à rendre possible l’extradition des auteurs du génocide pour que la justice soit rendue au nom des victimes.
Pour Marie Claudine Dusingizimana, venue au Mali dans le cadre d’une mission onusienne pour aider le Mali à sortir de sa crise et à éviter les nombreux conflits notamment entre les communautés, cette commémoration doit interpeler chacun et inviter à travailler pour un monde en paix.
Mohamed DAGNOKO





