Ils sont énormément de partis politiques, qui, depuis plusieurs années, ne cessent de réclamer les élections. Le 1er avril 2024, plus de 80 d’entre eux, partis et organisations de la société civile, ont réclamer sa tenue dans les meilleurs délais. Une vision qui n’est pas partagée par d’autres mouvements dont la coalition « Aka Taga Nayé ». Pour elle, si urgence il y a, elle est d’abord sécuritaire. Les élections, pensent-elle, viendront après.

Le Mali qui traverse une énième transition instaurée le 18 aout 2020, baigne dans une phase très délicate de son histoire politique, devenu sujet à des clivages idéologiques, qui chacune concours à un idéal commun : le bien être du pays. Les désaccords se multiplient tout en n’empêchant pas les avis de varier. Une ambiance qui illustre le célèbre « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire » de Voltaire.

Si des voix, notamment politiques, continuent de clamer que les élections sont une priorité pour le salut du peuple malien, d’autres ne partagent pas cette lecture des choses, repérant la priorité ailleurs. C’est le cas du mouvement « Aka Taga Nayé » une coalition qui axe son idéal autour de la quête de la sécurité : « Il est important de savoir que sans sécurité, rien n’est possible. La santé, l’autosuffisance alimentaire, l’éducation et tout le reste sont des éléments envisageables que lorsque la sécurité règne », dira Mahamadou Dia, secrétaire général du mouvement, lors d’un point de presse, au sein du siège du mouvement à Magnambougou.

Le mouvement, à cette occasion, via son secrétaire général, à passer en revue l’actualité nationale et internationale, en évoquant plusieurs points relatifs à la Confédération des Etats du Sahel, la sortie récente des pays de l’AES de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la question des élections, la rupture avec la France et la sécurité qui, en son sens, est la priorité du peuple malien. Le secrétaire général s’est attardé sur ce point.

Son soutien à la transition, le mouvement qui détient des sièges un peu partout sur l’ensemble du territoire et dont la devise est « Un pour tous – Tous pour Un », le brandit avec fermeté. Elle s’est dit prête à accompagner les autorités maliennes jusqu’à ce que la sécurité recouvre tout le Mali.

De Kayes à Kidal, en passant par Tombouctou, a déclaré le secrétaire général, les Maliens devraient pouvoir voyager d’une ville à une autre sans inquiétude. Ils devraient pouvoir se rendre au champs sans craindre les terroristes et autres ennemis de la paix. « C’est après que l’on pourra parler d’élection, qui, effectivement, est aussi une étape importante de la démocratie, une valeur qui nous est chère à Aka Taga Nayé ».

Le Mali, a souligné monsieur Dia, est face à son destin. Et seule la difficulté de la bataille offrira à la souveraineté toute sa saveur des grandes victoires.

Issouf Koné