En 72 heures, la Route Nationale 6, menant à Ségou a été le théâtre de nombreuses attaques terroristes avec son lot de mort civils.
Le 01 Octobre, l’attaque d’un bus de voyage a été très meurtrier. Sans pitié, les terroristes ont de sang-froid ôté la vie à de paisibles passagers. Les images des personnes décédées ont ensuite largement été publiées sur les réseaux sociaux par leurs familles, amis et proches.
La vague de réactions et de compassions suscitées par ces images et les récits des rescapés témoignent du choc que ces attaques occasionnent chez les populations.
24 heures plus tard, c’est une autre attaque sur la même route qui va coûter la vie à l’ex député de Ségou, le religieux, Abdoul Jalil Mansour Haïdara. À ses obsèques le 03 Octobre à Ségou, un rescapé de l’attaque de témoigner. « …Nous avons vu de loin des gens armés qui avaient arrêté des voitures. En arrivant, ils nous ont demandé de nous garer. Abdoul Jalil a demandé au chauffeur de s’arrêter. Une fois la voiturée stationnée, elle a été criblée de balles. Les balles m’ont effleuré pour l’atteindre, il était assis à côté du chauffeur. Quand après avoir tiré, un des terroristes s’est approché et a vu qu’il y avait beaucoup de sang et que je me suis mis à lui crier à la figure Allahou Akbar, il nous a demandé de nous en aller sans ménagement ».
C’est au centre de santé de Konobougou que sa mort sera constatée, dit le rescapé dans une vidéo de témoignage.
Ces deux attaques en 48 heures ont fini de battre en brèche la théorie qui voudrait que les jours qui suivent une attaque étaient particulièrement calmes car les assaillants fuyaient les lieux craignant l’arrivée des forces armées.
Et comme pour définitivement démentir cette théorie, au moment où était organiser les obsèques d’Abdoul Mansour Jalil Haïdara, l’on apprenait la disparition du président du conseil régional de Ségou, Siaka Dembélé et son chauffeur sur la même RN6. Si beaucoup estiment qu’il s’agit d’un « enlèvement » aucune information officielle n’est faite pour l’heure sur le sujet.
La riposte de l’armée
Dans la même période, dans la nuit du 02 au 03 Octobre, les forces armées maliennes neutralisaient une dizaine de terroristes et récupéraient des munitions, des vivres, des motos et du bétails volés à Markala.
24 heures plutôt, soit le 01 Octobre, dans cette même zone, au Nord-Est de Siribala, entre Choualawèrè et Kanabougou, les forces armées ont mis hors d’état de nuire deux terroristes surpris en train de collecter la Zakat auprès des populations.
Ces actions simultanées des forces armées et des terroristes dans la région de Ségou fait de celle-ci une zone sur laquelle il faut concentrer les efforts.
En perte de vitesses dans plusieurs régions du Nord, massivement investies par l’armée et ses partenaires de l’AES, les zones boisées de Ségou et de Sikasso constituent de véritables bastions leur permettant de préparer leurs attaques et de pouvoir échapper à la surveillance aérienne de l’armée.
Mohamed Dagnoko





