Source d’éducation et de santé, la question de l’électricité est selon l’ancien premier ministre, Moussa Mara devenue naturellement une question cruciale pour les maliens depuis que les délestages se sont multipliés et prolongés.  Dans une vidéo de 7 minutes 50 secondes partagée sur ses différents réseaux, il fait l’état des lieux et propose des solutions à court et long terme.

Morceaux choisis :

« Patienter avec l’électricité veut dire s’asseoir et ne pas travailler. Donc c’est la mort qu’on demande aux gens. L’électricité ce n’est pas le confort seulement, la climatisation pour les domiciles, la ventilation, c’est d’abord un outil de travail. On ne peut pas patienter avec un outil de travail. Donc il faut laisser de côté cette idée de patience, il faut trouver une solution immédiate à la question de l’électricité ».

Pour trouver une solution il est important selon lui de savoir la réalité de la fourniture de l’électricité dans notre pays. Et de se lancer dans les énumérations :

« La source de l’électricité est à trois niveaux. Le premier niveau ce sont les centrales thermiques qui utilisent le carburant. La deuxième source c’est l’hydro électricité, les barrages. La troisième source c’est l’électricité qu’on achète à la Côte d’Ivoire ».

Selon lui, les centrales thermiques, compte tenu de leur nocivité sur le climat et leur coût de production, ne sont pas la solution. « L’électricité est produite à 200 Fcfa et vendue à 100 Fcfa ».

« Les barrages n’ont pas d’eau à cause de la faible pluviométrie de l’année dernière. Pour pouvoir compter sur eux, il faut espérer qu’il pleuve beaucoup pendant l’hivernage. Ce qui voudrait dire qu’il faut encore patienter » dit-il

Selon lui, la seule solution qui reste est l’achat de l’électricité à la Côte d’ivoire. En plus de soulager les populations, cet achat serait selon lui bénéfique car acheté à 75 fcfa le KWh et revendu à 100 Fcfa.

Il demande aux autorités de s’entendre avec la Côte d’Ivoire. Pour se faire, il faut pour lui marquer la bonne foi, payer une partie de l’argent que le pays leur doit et signer des accords de paiement au comptant de l’électricité qui sera livrée.

« Les deux milliards et demi que le Mali peut gagner en bénéfice chaque mois en achetant de l’électricité à la Côte d’Ivoire doivent être utilisés pour éponger la dette ». suggère-t-il.

Les 65 Giga watt heure que le Mali va acheter par mois à la Côte d’Ivoire pourront permettre de réduire de moitié les coupures « au lieu de 12 heures de délestage on aura 6 heures ».

Sur le long terme, il préconise de travailler avec les voisins, de mettre l’accent sur l’énergie renouvelable, le solaire, l’éolienne, la connexion avec la Guinée, la connexion avec le Ghana à trvaers le Burkina.

Les centres solaires de Fana, Ségou, Sikasso et Ouélessébougou doivent enfin voir le jour et « sortir des cartons ».

C’est selon lui la solution pour mettre définitivement fin aux délestages à l’horizon 2025.

Aly Bathily