Dans 24 heures, le Mali ne sera plus membre de la CEDEAO une institution à la construction de laquelle il a pris part en 1975. Les dernières sanctions contre le Mali à la suite du coup d’État et les divergences de points de vue ont rendu difficile la cohabitation. Comment les maliens accueillent cette décision de leurs autorités ?
Au centre International de Conférence de Bamako, ils sont plusieurs centaines de personnes à répondre à l’appel de différentes associations de la société pour venir célébrer l’Alliance des États du Sahel à 24 heures de la sortie effective du Mali de la CEDEAO. Boureïma Somboro, étudiant à la Faculté des Sciences Administratives et politiques de Bamako, l’un des manifestants, pense que cette sortie du Mali de la CEDEAO n’aura pas de conséquences car c’est une décision mûrement réfléchie par les autorités «Personnellement je n’ai pas peur de cette décision parce que nos autorités ont pris des précautions et ce n’est pas une décision prise par hasard. Je suis convaincu que nous allons nous en sortir sans la CEDEAO».
Le calme de Boureïma Somboro tranche d’avec les inquiétudes du journaliste, Indé Ombotimbé. Directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Bercail », il estime que le divorce n’est pas la solution et qu’une cohabitation entre AES et CEDEAO était bien possible « Comme c’est de l’eau versé sinon on pouvait rester dans la CEDEAO et créer l’AES, ça pouvait se faire. Mais comme la décision a été déjà prise, on verra la suite. Sinon les gens sont aujourd’hui inquiets ».
Malgré la décision du Mali de sortir de la CEDEAO, il faut selon Indé Ombotimbé trouver très vite des solutions pour permettre aux populations de circuler librement compte du nombre de ressortissants maliens qui se trouvent dans certains pays de la CEDEAO notamment en Côte d’ivoire « C’est une décision politique sinon dans les faits aucun pays ne peut aller sans l’autre. La CEDEAO et le Mali c’est les mêmes. On a beaucoup de compatriotes au niveau de la côte d’Ivoire et vis versa»
Prenant en compte ce souci de la libre circulation des personnes et de leurs biens, le passeport AES entre en vigueur ce même 29 janvier.
Mohamed Dagnoko





