Le Mali est disposé à satisfaire la demande sénégalaise en mouton pour la fête de Tabaski. Cette année, les besoins d’importation du Sénégal sont estimés à 250.000 têtes. Et selon Youba Ba, le Mali est disposé à fournir 50% de ces besoins, soit environ 125.000 moutons.
En début de week-end, une délégation Sénégalaise, à sa tête Dr. Alpha Ba, ministre secrétaire d’État aux coopératives et à l’Encadrement paysan était au Mali. Sur place, elle a rencontré le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba, en présence des acteurs du filière bétail. Aux hôtes du jour, les invités ont exprimé les besoins de leur pays en mouton pour la fête de Tabaski qui se tiendra dans moins d’un mois. Ils affirment avoir compter sur le Mali pour satisfaire ces besoins.
<< Pour 2024, nos besoins en moutons étaient estimés à 810.000 têtes, et les importations en provenance du Mali ont contribué à satisfaire cette demande. Cette année, les besoins sont évalués à 830.000 têtes, dont 250.000 pour la seule région de Dakar. Et nous comptons sur le Mali pour satisfaire cette demande >>, a expliqué Dr. Alpha Ba, ministre secrétaire d’État aux coopératives et à l’Encadrement paysan du Sénégal.
En effet, classé au 1er rang dans l’espace UEMOA avec son cheptel, le Mali fourni plusieurs marchés africains en bétails. Le marché des moutons est très sollicité à l’approche de la tabaski. Le Sénégal est parmi les premiers clients depuis très longtemps.
<< Depuis des années mon pays travaille avec le Mali pour approvisionner les marchés sénégalais en bétail. Et cette visite à l’approche de la Tabaski rentre dans ce cadre>>, a rappelé Dr. Alpha Ba. À ses dires, pour cette année, les besoins de la population sénégalaise s’élèvent à 830 000 têtes de moutons dont plus 200 000 besoins à l’importation. Pour satisfaire ces besoins, il compte sur le Mali.
Pour faciliter l’exportation de ces bétails au Sénégal, Dr. Alpha Ba dira que son gouvernement a pris des mesures dérogatoires comme indiqué dans sa lettre circulaire n°0921/PM/CAB/CT Agriculture du 17 avril 2025. Il s’agit de l’assouplissement du contrôle des camions et véhicules transportant des moutons à destination du Sénégal ; de l’exonération des droits et taxes sur les moutons de Tabaski ; de l’autorisation de la présence, à bord de chaque camion, de trois (03) bergers commis à la surveillance des animaux transportés. Selon lui, ces mesures sont applicables du 18 avril au 22 juillet 2025. Sur place, d’autres mesures ont également été prises pour permettre aux opérateurs de bien mener leur vente.
Les assurances du Mali
Youba Ba, ministre de I’Élevage et de la Pêche a rassuré son homologue Sénégalais et sa délégation de l’entière disponibilité de son département à aider son pays à couvrir ces besoins en moutons dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. Pour rappel, il existe un Accord zoo sanitaire et un Accord règlementant la transhumance entre la République du Mali et la République du Sénégal. Et pour le ministre Youba Ba, les cadres de concertation créés à cet effet ont beaucoup contribué au maintien d’un climat serein et paisible de la transhumance entre les deux Etats.
<< La réussite de l’opération Tabaski au Mali et au Sénégal nous tient particulièrement à cœur, car c’est le même peuple, la même culture et nous partageons le même espace géographique et les mêmes défis… Le Mali est disposé à fournir 50% des besoins sénégalais en mouton, soit environ 125.000 têtes de moutons >>, a-t-il donné l’assurance.
Par ailleurs, il a tenu à partager avec la délégation sénégalaise certains défis majeurs qui assaillent nos systèmes de productionS, notamment le changement climatique, l’insécurité et la pression démographique sur les espaces pastoraux.
Cependant, pour conforter nos systèmes de productionS pour une transformation des systèmes alimentaires dans l’optique de la souveraineté alimentaire et nutritionnelle, il a informé la délégation sur les chantiers ouverts par le Mali, entre autres : les aménagements de périmètres pastoraux sécurisés totalement dédiés à la vocation pastorale afin d’offrir de l’aliment naturel permettant de maintenir le bétail sur place dans le terroir tout en évitant les longs déplacements et les conflits ; le développement des cultures fourragères comme alternative aux aliments bétail industriels ; la réalisation des Systèmes Hydrauliques Pastoraux Améliorés (SHPA) dans le cadre de l’amélioration des conditions d’abreuvement du bétail.
Si en 2024 le Sénégal a importé à 297 488 têtes de moutons dont 109 920 sujets en provenance du Mali, soit 36,95%. Pour cette année, les besoins du marché national pour la Tabaski sont estimés à 830 000 têtes de moutons dont 250 000 provenant de l’importation. Parmi ces besoins, le Sénégal compte sur le Mali afin de couvrir au moins.50% de ces besoins à l’importation. Et le Mali donne son quitus.
Moussa Sékou Diaby





